Destination Fantasy : notre collection numérique dédiée à la Fantasy

Interview

  • Cette interview de Catherine Loiseau a été réalisée dans le cadre de la parution de sa nouvelle La symbiose dans le webzine Mots & Légendes 9.


    Pourrais-tu te présenter en quelques mots à nos lecteurs ?
    Je m'appelle Catherine Loiseau, je vis dans le Nord de la France et partage mon temps entre l'écriture et l'escrime historique.
     
    Comment t'est venu le goût de l'écriture, à quel âge ?
    Vers dix-sept ans, j'ai commencé à écrire poussée par des amies. Depuis, le virus ne m'a jamais lâchée.
     
    Comment abordes-tu la création d'un texte ? Comment te vient l'inspiration ?
    C'est variable, en général, je m'assois devant mon PC avec une idée, que je travaille, triture et retourne jusqu'à en avoir un concept. À partir de ce concept, je développe l'univers, les personnages, l'histoire… Je fais beaucoup de recherches, à la fois documentaires et visuelles (je suis une grande utilisatrice de Pinterest).
     
    Peux-tu nous parler du processus d'écriture de la nouvelleLa symbiose ? Ce qu'elle représente pour toi ?
    J'ai eu envie d'écrire une nouvelle cyberpunk, parce que c'est un genre que j'aime bien, sans pour autant l'avoir beaucoup exploré en écriture. J'ai eu aussi envie de donner une ambiance film noir, un peu à la Blade Runner.
    Le thème du transhumanisme, qui devient de plus en plus d'actualité, m'a paru parfaitement convenir à ce type d'univers.
     
    Quel est ton endroit favori pour écrire ? As-tu des rituels ?
    J'ai un bureau dans ma chambre, avec mes dictionnaires et mes Bescherelle à portée de main, où j'aime m'installer pour écrire. Autrement, je ne suis pas difficile. Tant que j'ai un endroit pour m'asseoir, un coin où poser mon PC ou mon carnet, ça me va. 
     
    As-tu un texte dont tu es particulièrement fière et que tu voudrais nous faire découvrir ?
    Je suis assez fière de ma nouvelle La lumière d'Amberia, parue dans le dernier numéro d'Etherval. Il s'agit d'un texte fantastique à tendance steampunk, se déroulant dans le Lille du XIXe.
    Florimond Barbieux est un peintre alcoolique et dépressif, hanté par des visions d'un monde mystérieux qui lui apparaissent à tout moment dans n'importe quel reflet. Il a toujours cru qu'il était fou, mais le jour où l'une des apparitions commence à lui parler, il pense avoir basculé pour de bon dans la démence. Que lui veut cet inconnu ? Pourquoi ces visions continuent-elles à le harceler ? Et que va-t-il trouver de l'autre côté du miroir ?
     
    Plus d'info ici !
     
    Souhaites-tu nous parler de ta sériela Ligue des ténèbres dont les deux premiers épisodes sont disponibles sur ton blog ?
    La Ligue des ténèbres est un feuilleton Steampunk, qui comptera 24 épisodes répartis en 3 saisons.
     
    La Ligue des ténèbres a vu le jour dans le Londres des années 1880. Elle est composée de quatre personnes : Edmund Nutter, inventeur ; lady Astley, arnaqueuse ; Thomas Wiseman, voleur à la petite semaine et Samantha Wiseman, la caution santé mentale du groupe. Grâce à leur machine à voyager entre les mondes, ils transitent d'univers en univers. Leur but : conquérir l'un de ces mondes !
     
    Vous l'aurez compris, la Ligue des ténèbres est un feuilleton humoristique, qui vise à rendre hommage aux différents genres de l'imaginaire. Aventure, humour, action et inventions farfelues sont au programme.
     
    Les épisodes sont disponibles en numérique sur Amazon, Fnac, Kobo, Itunes et Googleplay, pour 0,99 €. Sortie le 30 de chaque mois.
     
    Quels sont tes auteurs favoris ? Influencent-ils tes écrits ?
    J'aime beaucoup d'auteurs, mais certains m'ont effectivement influencée. Je citerai Lovecraft, pour son mythe de Cthulhu et son idée qu'il existe des mondes qui dépassent l'entendement humain. J'adore Terry Pratchett et son cycle du Disque-Monde, Neil Gaiman pour son Sandman.
    Dans les auteurs francophones, j'adore Pierre Pevel, Matthieu Gaborit, Johan Heliot, Jaworski, Justine Niogret et tant d'autres.
     
    As-tu une anecdote à nous raconter sur ton parcours artistique ?
    Mes proches ont appris à reconnaître mes moments « créatifs », quand je regarde intensément un point fixe. Ils savent que je suis en train de penser à l'une de mes histoires, et qu'il va falloir répéter plusieurs fois leur question, avant que je les entende et que je réagisse.
     
    Quels sont tes projets ?
    Je travaille actuellement sur une trilogie steampunk : ceux du mercure. Dans un XIXe siècle alternatif, des humains luttent contre des abominations à la Lovecraft qui cherchent à les envahir. Humour, action, belles tenues et gros calibres au programme.
     
    J'écris aussi une série de fantasy jeunesse : Ermelia et Ikimi sont toutes les deux élèves à l'Académie d'Arki, la plus prestigieuse école de l'Empire. Leur destin semble tout tracé : Ermelia sera magicienne et Ikimi soldat d'élite. Mais lorsqu'un inconnu tente d'assassiner Ermelia, tout bascule. Que cache l'Empire ? Que veulent ses dirigeants à Ermelia ? Et quels secrets dissimulent la famille d'Ikimi ? Pour survivre, les deux jeunes filles vont devoir se montrer fortes et malignes.
     
    Est-ce que tu possèdes une page perso où l'on peut suivre ton actualité ?
    Vous pouvez me suivre sur Facebook : facebook.com/cat.loiseau
    Sur Twitter : twitter.com/Sombrefeline
     
    Ou sur ma page personnelle, où je poste régulièrement des articles sur l'écriture, des critiques, et l'actualité de mes publications : catherine-loiseau.fr
     
    Pour conclure, as-tu un dernier mot à ajouter ?
    Que je suis ravie d'être au sommaire de ce magazine !

  • Cette interview de Mickael Martins a été réalisée dans le cadre de la parution de trois de ses illustrations, inspirées par les nouvelles Inua-b, 41 unités temporelles et Agonie sous ciel vert, dans le webzine Mots & Légendes 9.
     
    Pourrais-tu te présenter en quelques mots à nos lecteurs ?
    Mickael, 34 ans, né dans la région de Montluçon.
     
    Comment t'est venu le goût du dessin, à quel âge ?
    Depuis que je sais tenir un crayon, ça a toujours été un passe-temps.
     
    Comment abordes-tu la création d'un dessin ? Comment te vient l'inspiration ?
    Ou j'ai tout de suite une image qui me vient dans la tête, et il n'y a plus qu'à la ressortir sur papier ou sur l'écran (pas toujours facile), ou en griffonnant plusieurs idées, et mélanger le tout.
     
    Peux-tu nous parler de la façon dont tu as abordé les illustrations des textes : Agonie sous ciel vert, Inua-b et 41 unités temporelles ?
    Je lis les textes en entier et je griffonne en même temps quand certains passages m'inspirent une idée ou une image. Après, je trie le tout et je garde ce que je pense le mieux.
     
    Quel est ton endroit favori pour dessiner ? As-tu des rituels ?
    Mon bureau encombré, pas de rituel spécial.
     
    Quels sont tes illustrateurs favoris ? Influencent-ils tes dessins ?
    Il y en a pleins de Bilal à Royo... Ils influent sûrement un peu mon travail. Mais surtout ça me pousse à travailler, évoluer et m'améliorer.
     
    Est-ce que tu as un style de dessin que tu préfères ? Y a-t-il des projets d'illustration que tu refuserais ?
    Non, pas spécialement, je suis pas trop fan du style manga. Je pense pas refuser de projets, à part s'ils sont vraiment au-dessus de mes capacités.
     
    Quels sont tes projets ?
    Il n'y a malheureusement pas grand-chose en vu depuis un bon moment…
     
    Pour conclure, qu'as-tu envie de nous dire ?
    Bonne continuation à Mots & Légendes, et peut-être à bientôt pour d'autres illustrations.

     

     

     

  • Cette interview de Nicolas Villain a été réalisée dans le cadre de la parution de sa nouvelle Agonie sous ciel vert dans le webzine Mots & Légendes 9.

     
    Pourrais-tu te présenter en quelques mots à nos lecteurs ?
    J'ai 32 ans, je suis marié et je suis l'heureux papa de deux enfants. Après des années sans parvenir à rassembler sous la bannière d'un même emploi les trois facteurs que sont : le sens, un salaire correct et la stabilité, j'ai finalement décidé de reprendre des études d'Histoire à Rennes 2 en première année. C'est un nouveau départ et un nouveau défi mais j'en suis ravi. Il était grand temps pour moi de remettre la machine en marche et d'élever mon niveau d'études. De plus, j'ai choisi l'Histoire en grande partie en raison de ma passion pour l'écriture, grosso modo, pour apprendre du vocabulaire, enrichir ma culture générale et taper plus vite.
     
    Comment t'est venu le goût de l'écriture, à quel âge ?
    J'ai écrit une petite histoire quand j'avais 12 ans (une histoire de policier et de son chien…c'est mignon !:)) je ne sais pas pourquoi j'ai fait cela à l'époque, mais je me souviens parfaitement de cette sensation, comme si soudain le monde était nimbé d'une ambiance particulière. Puis j'ai réellement commencé à écrire régulièrement deux ans plus tard… avec une petite pause de deux années autour de la vingtaine… un peu trop de soirées et des trucs à laisser décanter dirons-nous.
     
    Comment abordes-tu la création d'un texte ? Comment te vient l'inspiration ?
    En général c'est une sensation, une idée, quelque chose qui se manifeste soudainement, qui me donne l'impulsion. Mais ne nous cachons pas, le flux n'est pas toujours là. Alors j‘apprends à écrire d'une autre manière. En partant d'une idée et en la peaufinant par strates de corrections jusqu'à ce que le texte soit valable. Dans cette démarche j'essaie de comprendre ce que veulent vraiment raconter mes personnages et quelle réflexion je peux y rattacher ou quel sujet militant je peux traiter. Quitte à raconter des histoires, je me dis : si ça peut servir à quelque chose ou à quelqu'un…
    Mais j'ai l'impression que le travail de l'écrivain se fait beaucoup sans écrire, en apprenant à faire confiance au pouvoir de son inconscient qui est une véritable machine à broyer le réel pour en composer un patchwork créatif.
     
    Peux-tu nous parler du processus d'écriture de la nouvelle Agonie sous ciel vert ? Ce qu'elle représente pour toi ?
    6 h du matin. L'oxygène rampant jusqu'aux chevilles. Qu'est-ce que je fous là ? Le vent me mord la lippe. Encore un métier étrange de plus. Au programme aujourd'hui : 250 bornes à rouler comme un forcené sur les routes de campagnes et 22 clients à livrer en oxygène liquide. Des patients en déficience respiratoire ; souvent des gens en fin de vie. Beaucoup d'agriculteurs.... Les cowboys fringants résonnent dans l'habitacle de mon camion. Plus rien. Ouais, on a bien pourri la terre. J'écrase la pédale d'accélérateur. Une phrase de Fight Club me revient : « C'est votre vie, et elle s'achève minute après minute. » Ah ça pour tracer, je trace ! Pour gagner toujours du temps au risque de ne plus jamais rentrer. Sauf peut-être dans un arbre avec mes 700L d'oxygène liquide au cul. Multipliez par 860 et vous obtiendrez la quantité en gazeux qui peut vous péter à la tronche… Faire vite pour rentrer à la maison, faire vite pour que l'entreprise fasse plus de gains. Pour que la société produise de l'emploi sur le dos de mourants en devenir comme si l'on ne pouvait pas commencer par traiter le problème à la base. De lourds cumulus bourgeonnent au-dessus de moi. Je pense aux pluies acides et aux pesticides sur nos légumes. Et tout le monde trouve ça normal. On croirait une mauvaise histoire de SF où les gens auraient perdu la raison… sauf que l'on est dans la réalité. Je pense : on pourrit la terre autant que nos corps. Alors j'allume une clope pour me maudire d'être humain. Suicide latent pour homme moderne. Je trace. Le cerveau en mode automatique. Sur le tableau de bord, un ours polaire en peluche se balance au gré des virages et je ne peux m'empêcher de songer : produira-t-on encore des ours en peluche venant de l'autre bout du monde lorsque les ours n'existeront plus ? 
    Tiens je crois que j'ai une idée de nouvelle…
     
    Souhaites-tu nous parler du court métrage Liberty Seed qui est disponible depuis fin avril sur Youtube ?
    Liberty Seed c'était la volonté de revendiquer des valeurs, de parler de mon amour pour la musique et de s'appliquer dans la réalisation de mon premier court-métrage. Le tout en répondant aux contraintes d'un projet amateur qui, par conséquent, est sans effets spéciaux. 
    Dans Liberty Seed, on suit la déambulation d'un homme vivant dans un monde où la musique est interdite. Cette histoire réalisée avec Jean-Baptiste Bernier et co-scénarisée avec Fabien Mognot vient d'une nouvelle que j'ai publiée dans Géante Rouge n°9 il y a sept ans. A l'époque je pensais, avec toute la candeur de ma vingtaine, dépeindre une société dystopique. Mais à présent je m'horrifie de voir que la réalité peut parfois dépasser la fiction. Quand je pense que certains peuvent vouer leur existence à lutter contre la culture... je me sens dépassé : ah bah ouais les gars, on ne pense vraiment pas de la même manière ! 
    Liberty Seed c'était aussi l'envie de laisser le film prendre sa propre identité. Il ne devait alors, ni ressembler complètement à ce que j'avais en tête, ni à la vision de Jibé ou à celle de Fab. Non, le mot d'ordre était de le laisser exister par lui-même. C'est ainsi que grâce aux améliorations de chacun, il a fini par prendre sa forme finale que je trouve plutôt correcte. C'était vraiment une expérience très enrichissante et un moment de partage entre amis.  
    Bref, j'espère que le film vous plaira (le plus simple est de taper Liberty Seed sur Youtube : quand vous verrez un type avec une matraque vous y êtes) et je ne saurais que vous recommander au passage de faire un tour sur le soundcloud de Jeff et Mika qui ont fait une musique originale pour le film.
     
    As-tu un texte dont tu es particulièrement fier et que tu voudrais nous faire découvrir ?
    Oui, j'aimerais vraiment vous faire découvrir mon court lettrage Vent glacial sur trace numéro 6 paru chez House Made of Dawn. Le scénario de cette nouvelle est apparu de lui-même et je peux dire que j'ai pris un grand plaisir à écrire ce texte. Cette histoire a un schéma proche de films que j'adore comme Pulp Fiction ou Memento pour ne citer qu'eux. J'ai aussi traité l'histoire grâce à des voix différentes : un narrateur, une voix intérieure ou encore sous la forme d'une interview. Et puis, il y a, je pense, une vraie réflexion sur l'usage de la technologie. Parce que parfois, quand je vois tous ces diplômés de l'ENA  incapables de se projeter dans l'avenir sur à peu près tout ce qui touche à la technologie, je me dis que l'on ferait peut-être bien de prendre les écrivains de science-fiction un peu plus au sérieux.
     
    Quels sont tes auteurs favoris ? Influencent-ils tes écrits ?
    J'aime beaucoup Alain Damasio, son écriture percutante, sa façon de traiter l'histoire grâce à une kyrielle de points de vue intérieurs (je dirais même : incarnés) tout comme sa réflexion ou son action militante. J'apprécie aussi sa volonté d'écrire des textes qui laissent des traces et se prolongent.
     
    Quels sont tes projets ? 
    J'aimerais faire plus de collaborations. L'écriture, si c'est l'art qui me convient le mieux, reste, je crois, une activité un peu maso : rester seul devant son ordinateur pour vaincre la page blanche... faut être un peu taré quand même non ? Et puis, il n'y a pas de contact direct avec un public. J'aimerais me diversifier autour du noyau de l'écriture : collaborer à une BD, écrire des chansons, ce genre de projets me tentent bien. Mais je sais par expérience qu'il n'est pas toujours simple de trouver des gens sérieux, déterminés et ouverts à la fois pour amener à bien les projets.  
     
    Est-ce que tu possèdes une page perso où l'on peut suivre ton actualité ?
    Je suis en train d'achever un site internet qui sera disponible à l'adresse suivante : nicolasvillain.wix.com/page-auteur
    J'ai créé ce site pour centraliser les quelques publications que j'ai par-ci par-là et pour construire une réelle identité artistique.
     
    Pour conclure, as-tu un dernier mot à ajouter ? 
    Félicitations à Kal pour ton travail ! Sache que je suis ravi d'être dans ce numéro et que j'ai hâte de le dévorer !

     

  • Cette interview de Didier Normand a été réalisée dans le cadre de la parution de son illustration, inspirée par la nouvelle Aube Mortelle, dans le webzine Mots & Légendes 9.


    Pourrais-tu te présenter en quelques mots à nos lecteurs ?
    Je suis né en 1960, instituteur et peintre depuis 1983. Je vis à Salon-de-Provence.
     
    Comment t'est venu le goût du dessin, à quel âge ?
    Aussi loin que je me souvienne j'ai toujours aimé dessiner. Mon goût pour l'illustration fantastique s'est déclenché en découvrant les artbooks de Frank Frazetta. J'ai appris à utiliser l'huile en étudiant et reproduisant quelques-unes de ses toiles. Depuis cette époque lointaine, je dessine et peins régulièrement.
     
    Comment abordes-tu la création d'un dessin ? Comment te vient l'inspiration ?
    Tout dépend s'il s'agit d'une commande ou d'une recherche personnelle.
    Dans ce deuxième cas, l'envie de dessiner prime et je crayonne parfois sans idée précise. Si le résultat est intéressant, j'enrichis et finalise mon croquis pour ensuite l'exploiter en peinture. Une idée peut naître également de l'envie de représenter certaines matières, paysages, personnages ou animaux, fantastiques ou pas.
     
    Peux-tu nous parler de la façon dont tu as abordé l'illustration de la nouvelle Aube Mortelle ?
    Pour une illustration de texte sans consignes précises de l'auteur ou de l'éditeur, comme c'était le cas, je repère les éléments importants, les scènes qui peuvent être intéressantes à représenter. Pour Aube mortelle j'ai opté pour une image composée me permettant d'intégrer les personnages, les appareils, les combats aériens. N'ayant pas de repère pour l'époque, le look des avions et des personnages a été une interrogation. J'ai finalement choisi d'associer style ancien pour l'ennemi (esprit Baron Rouge) et futuriste pour l'héroïne. J'utilise rarement de modèle ou de références, ce qui peut nuire quelquefois au résultat final, mais me laisse libre d'aller dans n'importe quelle direction. J'ai utilisé ensuite Photoshop pour la mise en couleur.
     
    Quel est ton endroit favori pour dessiner ? As-tu des rituels ?
    Le point de départ de toute image s'effectuant sur un carnet de croquis, je n'ai pas d'endroit précis pour commencer un dessin. Par la suite, je peins dans un atelier où mon matériel est en place et prêt à être utilisé. Je reporte mon dessin sur la toile en l'adaptant au format, c'est la partie la plus ennuyante, et ensuite j'entame la peinture.
     
    As-tu un dessin dont tu es particulièrement fier ? Voudrais-tu nous le montrer ?
    Au final, je suis rarement complètement satisfait du résultat. Le problème est qu'il est difficile de juger objectivement une peinture sur laquelle on travaille pendant des heures. Le peintre est privé de l'impact (bon ou mauvais) que son image peut produire lors d'une première vision. C'est réservé aux spectateurs et c'est une grosse frustration.
    Heureusement, quelquefois l'image correspond à l'idée que je voulais atteindre. (voir image)
     
    Quels sont tes illustrateurs favoris ? Influencent-ils tes dessins ?
    Mes illustrateurs favoris sont surtout des peintres : bien évidemment Frazetta mais aussi Simon Bisley, Boris Vallejo, Alex Horley, Brom, San Julian. J'aime aussi les dessinateurs Bernie Wrightson, Mark Shultz. Ils ne font pas partie de la jeune génération, mais ils restent des références.
    Quant à savoir s'ils influencent mes dessins, ils ont tellement de talent que je l'espère fortement, mais je n'ai aucune maîtrise sur l'importance de cette influence.
     
    Est-ce que tu as un style de dessin que tu préfères ? Y a-t-il des projets d'illustration que tu refuserais ?
    Je n'ai pas un style préféré, mais plusieurs. De nombreux dessinateurs de BD présentent un travail d'une variété et d'une qualité étonnantes.
    Comme exemple de technique que j'apprécie, je peux citer les illustrations de Bernie Wrightson pour le Frankenstein de Marie Shelley.
    Je n'ai pour l'instant jamais refusé un projet d'illustration. Je crois que si l'on reste assez libre pour interpréter un thème, il faut se lancer. Même si au final le projet n'est pas accepté, ça restera une expérience enrichissante.
     
    As-tu une anecdote à nous raconter sur ton parcours artistique ?
    C'est un regret plus qu'une anecdote. En 2001 un scénariste me contacte pour élaborer une BD. C'est une nouvelle aventure que je découvre et qui me passionne. Les personnages et 4 ou 5 planches sont dessinées, mais ne maîtrisant pas encore Photoshop, je suis obligé de faire une mise en couleur directe sur planche, processus beaucoup trop long qui m'a incité à renoncer au projet.
     
    Quels sont tes projets ?
    Trouver plus de temps pour produire davantage et alimenter mon site. Le promouvoir ensuite au travers des réseaux sociaux. Essayer d'autres techniques que l'huile, satisfaire de nouvelles commandes, la dernière étant la création d'un personnage genre superhéros. Et pourquoi pas, refaire une tentative dans la BD.
     
    Pour conclure, qu'as-tu envie de nous dire ?
    Il y a encore peu de temps, je ne pensais pas pouvoir un jour tenir un bouquin avec une de mes peintures en couverture. C'est vrai qu'internet y est pour beaucoup, je crois que sans cela je continuerais à faire mes dessins dans mon coin. Voilà, c'était juste pour dire quelque chose.
     
    Vous pouvez retrouver l'univers de Didier Normand sur son site.

  • Cette interview de David Chauvin a été réalisée dans le cadre de la parution de sa nouvelle Aube Mortelle dans le webzine Mots & Légendes 9.

     
    Pourrais-tu te présenter en quelques mots à nos lecteurs ?
    Je suis David Chauvin (alias Napalm Dave), à 35 ans, je suis à présent un vieux de la vieille, bien que ma passion de créer ne soit pas prête de s'éteindre. Historien de formation, une vie quelque peu chaotique m'a amené à faire toute autre chose de mes journées, mais ça, ce n'est pas ce qui intéresse le lecteur : non, ce qui l'intéresse, c'est l'aspirant auteur que je suis une fois la journée finie et qu'une autre commence.
     
    Comment t'est venu le goût de l'écriture, à quel âge ?
    Je pense avoir toujours plus ou moins écrit et imaginé des histoires extraordinaires, et j'ai noirci des cahiers entiers de scénarios originaux de jeux de rôle. De fil en aiguille, l'écriture est venue comme une évidence : ce que j'imaginais pour plaire à un groupe restreint, je pouvais le mettre au profit d'un public beaucoup plus large. Concrètement, j'ai sauté le pas assez tardivement, en 2006, à 26 ans donc.
     
    Comment abordes-tu la création d'un texte ? Comment te vient l'inspiration ?
    J'ai un cerveau qui retient le moindre détail « sympathique » et fait parfois de drôles d'associations d'idées, donc, de fait, j'ai constamment des idées originales : c'est à la fois une bénédiction et une malédiction (puisque le temps me manque pour les concrétiser). Âme obscure oblige, j'ai un imaginaire quelque peu torturé : un détail architectural, un arbre étrange, un drôle de personnage croisé et l'aventure commence !
    Sinon, en ce qui concerne la créa, et bien, je suis un « académicien » dur à la tâche, méthodique et rigoureux. Je note bien mon idée de base, je crée les personnages, les situations, les ambiances… de la même manière qu'un scénariste de film ou de série, pas de place à l'impro, encore moins à l'à peu près, ce qui veut dire que je bosse lentement mais que je ne laisse rien passer.
     
    Peux-tu nous parler du processus d'écriture de la nouvelle Aube Mortelle ? Ce qu'elle représente pour toi ?
    Cette nouvelle fut publiée une première fois sur feu le site de « Traversées Oniriques », toutefois, la présente version est encore améliorée et expurgée de ses derniers défauts.
    À l'époque, le challenge consistait à écrire un texte sur le thème « une journée de guerre », je l'ai relevé au sens propre…^^
    J'avais déjà écrit un texte de SF pour le même site, intitulé le temps des poussières, c'est à partir de ces deux-là que j'ai développé l'univers de SF Enfers miniatures.
    Dans Aube Mortelle, je croise des éléments de technologie futuriste avec une ambiance « Seconde Guerre mondiale » : héros de propagande, combats aériens au canon, pilotes s'interpellant par radios interposées…
     
    Quel est ton endroit favori pour écrire ? As-tu des rituels ?
    Dans mon bureau, confortablement installé et dans ma bulle : je suis casanier et ne supporte pas le dérangement. De plus, écrire sans musique est pour moi une ineptie, ma préférence allant aux BO de films, mais aussi aux musiques « stimulantes » (le folklore celtique pour la fantasy, les musiques électro pour la SF, etc.). Je suis un « fossile vivant » qui n'aime guerre les nouvelles technologies : pour moi, rien ne vaut le cahier et les stylos de couleur, voire le papier parchemin fabrication maison et les stylets de calligraphie ! Avant de commencer un projet, je bricole souvent une page de couverture à l'aide d'images d'inspiration pour me motiver.
     
    As-tu un texte dont tu es particulièrement fier et que tu voudrais nous faire découvrir ?
    Ayant consacré l'essentiel des dernières années à développer des univers perso et à rassembler notes et documentation pour de futurs projets, Aube Mortelle est pour le moment mon texte le plus abouti et celui qui m'a encouragé à développer le monde futuriste et ultra-violent de Enfers Miniatures, vous la découvrirez donc avec le présent numéro.
     
    Quels sont tes auteurs favoris ? Influencent-ils tes écrits ?
    Je suis un grand admirateur de Serge Brussolo qui sait facilement créer un climax, une ambiance et un huis clos très réussi. Il est souvent à la limite entre surnaturel et polar et a une écriture nerveuse et efficace. Oui, il a influencé mon propre style, c'est indéniable. De plus, il est sans concession ni censure. Pour moi, c'est juste le meilleur !
     
    As-tu une anecdote à nous raconter sur ton parcours artistique ?
    Un exemple de ce que je disais sur l'inspiration qui, parfois, me surprend au moment le plus inattendu : un jour que je conduisais près d'une cour d'usine, j'ai aperçu, de loin, ce qui ressemblait à un géant courbé et revêtu d'une sorte de grand manteau en lambeaux, se dressant au milieu d'une décharge. En m'approchant, je constatai qu'il s'agissait en fait d'une excavatrice recouverte d'une vieille bâche et trônant au milieu de tas de palettes et de parpaings. Tilt ! J'avais une créature pour une histoire fantastique, j'ai noté l'idée dans un coin et j'ai développé l'idée d'une civilisation de géants vivant sur un monde funeste et pollué : une pierre de plus pour ma mythologie horrifique, « l'Outreplan » !
     
    Quels sont tes projets ?
    En dehors des différents univers et mythologies que je développe « en coulisse », je travaille d'arrache-pied sur un projet de roman court, fantastique intitulé Légende Noire. Il s'agit d'une libre adaptation d'une vieille légende beauceronne avec une écriture romancée et des éléments de surnaturel à la « sauce Napalm ». Récemment, mes recherches historiques sur cette légende ont bien progressé et je suis assez optimiste.
    Parallèlement, je développe un monde médiéval-fantastique « onirique » appelé Calydon : il s'agit d'un vaste projet récréatif mêlant petits textes, romans interactifs "dont vous êtes le héros", illustrations et modélisme. Un univers en apparence archi-classique mais qui réexploite et les clichés du conte de fées et de la Fantasy, donc plein de surprises !
     
    Est-ce que tu possèdes une page perso où l'on peut suivre ton actualité ?
    Pas de page Facebook (ça n'aurait pas de sens dans le sens où je n'ai rien à vendre) mais plusieurs blogs où l'on peut suivre mes progrès, mes travaux et mes impressions : 
    jabberworker.canalblog.com (blog geek et bordélique qui regroupe tous mes travaux et univers)
    comtedoutreplan.canalblog.com (consacré à la mythologie fantastique de l'Outreplan)
     
    Pour conclure, as-tu un dernier mot à ajouter ?
    Conseil aux lecteurs : l'écriture est une démarche solitaire et personnelle. Écrivez ce que vous aimez, ne cédez à aucune pression, mais surtout, vivez vos rêves !

     

     

  • Cette interview de Dingyu Xiao a été réalisée dans le cadre de la parution de sa nouvelle Legacy of a hundred wars dans le webzine Mots & Légendes 9.

     

    Pourrais-tu te présenter en quelques mots à nos lecteurs ?
    Bonjour, j’ai vingt-cinq ans et je suis interne en médecine.

    Comment t’est venu le goût de l’écriture, à quel âge ?
    J’ai commencé à écrire au lycée, vers 16 ans. J’ai toujours aimé les diffé­rents arts narratifs : la littérature, la bande dessinée, le cinéma. Ainsi m’est venue l’envie de raconter mes propres histoires, avec mon style et mes idées.

    Comment abordes-tu la création d’un texte ? Comment te vient l’inspiration ?
    L’inspiration vient parfois d’un film que j’ai vu ou d’un livre que j’ai lu, et dont l’histoire me marque dans le temps, au point que je finis par me dire : à la place de l’auteur, j’aurais fait ceci, cela, j’aurais placé tel personnage dans tel contexte, modifié tel rebondissement, abordé tel thème. Et tout cela finit par se transformer en quelque chose de complètement différent de l’inspiration originelle.

    Peux-tu nous parler du processus d’écriture de la nouvelleLegacy of a hundred wars ? Ce qu’elle représente pour toi ?
    Legacy of a hundred wars devait être le premier pas dans un vaste univers de science-fiction que j’aimerais développer plus largement à l’avenir.

    Quel est ton endroit favori pour écrire ? As-tu des rituels ?
    J’écris habituellement à mon bureau, sur un petit netbook bon marché dont c’est la seule utilité. Je n’ai pas particulièrement de rituels.

    As-tu un texte dont tu es particulièrement fier et que tu voudrais nous faire découvrir ?
    Luz est un manuscrit plein de défauts, mais auquel je suis assez attaché parce qu’il représente ma première dérive vers un style et des idées plus personnelles. Il est assez brouillon dans la forme, sans doute parce que je voulais y mettre trop d’idées. En résumé, c’est une nouvelle cyberpunk où le personnage principal navigue entre différents niveaux de réalité virtuelle.

    Quels sont tes auteurs favoris ? Influencent-ils tes écrits ?
    Les auteurs qui m’ont le plus marqué sont Albert Camus et George Orwell. J’admire leur style certes simple, mais porteur d’idées fortes.

    Quels sont tes projets ?
    Je voudrais écrire un roman dans l’univers où se déroule Legacy of a hundred wars. J’ai imaginé un vaste univers basé sur la colonisation du système solaire par l’humanité, les inégalités entre les différents systèmes planétaires, et les fortes tensions qui en résultent.
    Je travaille également sur un projet de nouvelle situé dans un monde contemporain et réaliste, avec de jeunes Parisiens qui font face aux défis de la vie adulte.

    Est-ce que tu possèdes une page perso où l’on peut suivre ton actualité ?
    Non, malheureusement, pour l’instant je n’ai rien de tout ça.

     

     

  • Cette interview de Florence Fargier a été réalisée dans le cadre de la parution de son illustration, inspirée par la nouvelle Un titre pour le collectionneur, dans le webzine Mots & Légendes 9.

      
    Pourrais-tu te présenter en quelques mots à nos lecteurs ?
    Bonjour, je m'appelle Florence, j'ai 23 ans et je suis illustratrice Freelance depuis presque un an. Enthousiaste et créative, j'aime découvrir de nouveaux univers et relever des défis !
     
    Comment t'est venu le goût du dessin, à quel âge ?
    Je crois que j'ai toujours dessiné, que ce soit dans la marge de mes cahiers ou sur feuilles blanches :) 
    Par contre, l'envie d'en faire mon métier m'est venue très tard, quelques mois seulement avant de passer mon bac, il était temps !
     
    Comment abordes-tu la création d'un dessin ? Comment te vient l'inspiration ?
    Parfois les idées viennent d'elles-mêmes selon où je suis, ce que je regarde, ce à quoi je pense et parfois c'est le blanc total. Dans ce cas-là, j'essaye de ne pas m'angoisser, et je m'oblige à passer du temps à faire autre chose pour me libérer l'esprit et les idées reviennent. Regarder les travaux d'autres artistes m'aide beaucoup aussi, mais attention à ne pas y passer trop de temps non plus !

    Pour ce qui est de la création d'un dessin, j'applique à peu près la méthode suivante :
     
    1. Idée/Croquis préliminaires (libre de toutes contraintes, c'est important de ne pas s'enfermer dès le début dans une seule voie)
    2. Documentation (pour réduire les possibilités et ne garder que ce qui est indispensable à la compréhension de l'image)
    3. Croquis (c'est l'étape ou l'on tâtonne pour trouver la bonne composition, les bonnes couleurs, éclairages, personnages, etc.)
    4. Passage au numérique/Colorisation
    5. Retouches
     
    Peux-tu nous parler de la façon dont tu as abordé l'illustration du texte Un titre pour le collectionneur ?
    Après avoir lu la nouvelle plusieurs fois je ne m'imaginais pas dessiner une scène réaliste. Le thème de l'espace offre beaucoup de liberté visuelle, c'est un univers très poétique et abstrait pour moi.
    J'ai donc rassemblé tous les éléments principaux de l'histoire et je les ai organisés pour faire une image intéressante qui colle au personnage principal. J'ai aussi essayé de faire passer cette impression d'humour noir et d'ironie que j'ai eue en lisant le texte :)
     
    Quel est ton endroit favori pour dessiner ? As-tu des rituels ?
    Je peux dessiner à peu près n'importe où tant que j'ai l'envie et qu'un sujet m'intéresse (et que je n'ai pas oublié mon carnet et mes crayons ;) ).
    Mais le plus souvent je me retrouve à mon bureau derrière mes écrans. J'y passe beaucoup de temps pour le travail même si j'essaye de faire des sorties de temps en temps pour prendre l'air et dessiner des gens.
     
    Pour ce qui est des rituels, j'essaye surtout de garder un bon rythme de travail. Comme je suis plutôt du matin je me lève tous les jours en même temps que mon homme vers 7 h et je commence à bosser vers 8 h/9 h (ça dépend de la masse de travail à faire dans la journée). Je fais une pause à 12 h et je fais autre chose pendant que je mange (lire, regarder un ou deux épisodes de série, etc.) puis je reprends jusqu'à 18 h environ.
    Comme je ne vis pas toute seule, je garde des horaires assez proches de celles que j'avais en tant que salariée pour pouvoir profiter de mon temps libre avec mon compagnon. Sauf bien sûr quand j'ai vraiment un projet très prenant ou du travail à rendre en urgence. Mais dans ces cas-là, ce n'est pas un problème, car je prends toujours un peu de temps après pour me reposer :)
     
    Quels sont tes illustrateurs favoris ? Influencent-ils tes dessins ?
    J'en ai tellement que je ne me rappelle pas de tous leurs noms ! Heureusement que l'onglet favoris existe ;)
    Mais pour citer ceux du moment : Nicolas Weis, Nicolas Marlet, Romain Trystram, Brian Miller, Huguette Pizzic, Paul Echegoyen…
    Si leur travail influence énormément mes dessins, c'est surtout une source inépuisable d'émerveillement et d'inspiration. Souvent, quand j'ai des moments de doutes, c'est en regardant leurs dessins que j'arrive à retrouver ma motivation. Comment ne pas avoir envie de se donner à fond quand on voit ce que ces artistes sont capables de faire ?
     
    As-tu un dessin dont tu es particulièrement fière ? Voudrais-tu nous le montrer ?


    C'est un dessin que j'ai fait tout récemment alors je n'ai pas trop de recul. Cependant, j'ai pris beaucoup de plaisir à travailler dessus. Je n'ai pas souvent l'occasion de travailler à ce point mes images en traditionnel. Je me sers habituellement de mes crayons uniquement pour des croquis rapides ou préparatoires pour le digital.
    Il s'agit d'une recherche qui s'inscrit dans un projet personnel plus vaste sur lequel je commence à peine à bosser.
    L'univers est constitué de marécages, de lacs et de plaines, et là je me suis concentrée sur le « fond » des petits lacs. L'idée finale est de réaliser une animation à partir de ces recherches. J'entame à peine le projet alors il me reste encore beaucoup de travail :)
     
    Est-ce que tu as un style de dessin que tu préfères ? Y a-t-il des projets d'illustration que tu refuserais ?
    En règle générale je réalise plutôt des dessins cartoons, dans des univers très colorés et poétiques en numérique surtout, mais je suis très curieuse et je m'intéresse à tout ce qui se fait :) Il m'arrive même de temps en temps de ressortir mes pastels ou tubes de peinture pour me changer les idées.
     
    J'essaye de ne pas refuser de projet, sauf bien entendu s'il requiert des compétences que je n'ai pas. J'adore découvrir de nouveaux univers et je trouve dommage de me priver de ces découvertes enrichissantes. Par contre, cela risque de me prendre plus de temps pour faire le travail s'il s'agit d'un domaine ou d'une technique que je ne maitrise pas bien.
    Mais en général les personnes pour qui je travaille me proposent des projets qui correspondent à mon univers, pas de place pour l'expérimentation quand il s'agit du milieu professionnel. Ils recherchent l'efficacité avant tout.
     
    As-tu une anecdote à nous raconter sur ton parcours artistique ?
    Là tout de suite rien de particulier ne me vient à l'esprit, à part que je me destinais à tout sauf à être Freelance ! J'étais même effrayée à l'idée de me retrouver là toute seule avec juste mon portfolio et toutes ces démarches à faire.
    Finalement, avoir tenté l'expérience est la meilleure chose qui me soit arrivée, je remercie tous ceux qui m'ont donné la chance de pouvoir travailler sur leurs projets et qui m'ont fait confiance. J'espère pouvoir continuer encore longtemps :)
     
    Quels sont tes projets ?
    Pour l'instant, cela se limite à trouver d'autres contrats pour cette année ^^
    Je débute et malgré mon enthousiasme et mon envie de travailler il n'est pas toujours facile d'avoir du travail.
    Côté projets personnels j'ai bien quelques trucs sur le feu, mais je prends mon temps pour laisser mûrir les idées et je gribouille quand l'inspiration me vient.
    Je suis d'un naturel très impatient et j'ai tendance à me lancer à fond dans quelque chose. Puis, quand l'enthousiasme de départ redescend, je laisse les choses de côté. Dans le monde professionnel, cette réactivité est bienvenue, car elle me permet de travailler vite et de façon efficace. Mais quand il s'agit de mes projets, ils ont tendance à finir au fond de mes cartons à dessin rapidement.
    Donc maintenant j'y vais lentement mais sûrement :)
     
    Pour conclure, qu'as-tu envie de nous dire ?
    Ahah, il me semble en avoir déjà dit beaucoup, j'espère que vous ne vous êtes pas endormi avant la fin : p
    Et bien je vous remercie de m'avoir lue et je vous souhaite une bonne lecture des autres nouvelles, si ce n'est pas déjà fait.
    N'hésitez pas à passer sur mon blog et à laisser des commentaires, c'est toujours enrichissant d'échanger avec d'autres sur son travail : florenceportfolio.blogspot.fr
    Dites-moi aussi si vous avez aimé l'illustration, ou pas d'ailleurs :)
     
    Bonne continuation à tous !
     

  • Cette interview d'Alice Mazuay a été réalisée dans le cadre de la parution de sa nouvelle Un titre pour le collectionneur dans le webzine Mots & Légendes 9.


    Pourrais-tu te présenter en quelques mots à nos lecteurs ?
    Nombre de SEC minimum ? Désolée, réflexe inversé IRL. Ingénieur(e), littéraire contrariée, maman, ex-sportive, fan de SFFF du plus jeune âge.
     
    Comment t'est venu le goût de l'écriture, à quel âge ?
    Assez tard en fait. Je m'ennuyais chez moi pendant mon premier congé maternité. J'ai créé un blog sur mes lectures et puis j'ai croisé des appels à textes et puis j'ai essayé d'y répondre. Je me suis fait renvoyer dans mes 22. Et comme je suis tenace et que j'avais (enfin) des choses à dire, j'ai persévéré. J'avais 30 ans pour la rédaction de ma première nouvelle. Pas vraiment précoce, hein !
     
    Comment abordes-tu la création d'un texte ? Comment te vient l'inspiration ?
    Le plus souvent, il y a un thème d'appel à textes (j'aime beaucoup l'exercice et le concours). J'y accroche un sentiment. Ensuite je façonne le personnage qui le ressent, la situation qui l'a amené là, le contexte. C'est très instinctif, pas réfléchi du tout et souvent dans un rythme complètement déstructuré. Heureusement que je travaille sur ordinateur ou mes brouillons seraient un fouillis sans nom.
     
    Peux-tu nous parler du processus d'écriture de la nouvelle Un titre pour le collectionneur ? Ce qu'elle représente pour toi ?
    J'ai une amie qui est fan de Mars. Attention, spéciale dédicace : Herveline, cette nouvelle est pour toi. À l'époque où j'ai commencé à l'écrire, les journaux parlaient de certaines expériences qui étaient faites pour préparer quelques personnes au grand et long voyage vers Mars. Le sentiment que je voulais développer était l'exaltation. Mais pas celle du fan devant sa télé, celle de l'acteur, de celui qui donne tout pour parvenir à son but. Ensuite, par délire, je me suis placée dans le pire des cas celui du psychopathe intelligent. J'ai voulu aussi, par opposition, un point de vue externe, plus rationnel. Ça donne Un titre pour le collectionneur.
     
    Quel est ton endroit favori pour écrire ? As-tu des rituels ?
    Aucun rituel, si ce n'est de fermer la porte. La maison est, heum, un peu bruyante… re-heum, même de nuit. Je réfléchis partout, surtout devant mon jardin un mug de thé à la main. Mais pour écrire, je suis bel et bien devant mon PC.
     
    As-tu un texte dont tu es particulièrement fière et que tu voudrais nous faire découvrir ?
    Je ne sais pas trop. Comme je me base la plupart du temps sur mes propres sentiments pour écrire. Chacun de mes textes est un peu comme une forme d'exorcisme, une extraction d'un bout de moi. Parfois farfelu, souvent plus introspectif. Le texte L'âme du serpent, qui devrait sortir à peu près en même temps que ce webzine, dans l'anthologie Dérives fantastiques chez Sombres Rets, en est un bon exemple.
     
    Quels sont tes auteurs favoris ? Influencent-ils tes écrits ?
    Simmons, Herbert, Zelazny… la liste est longue. Mais non, ils ne m'influencent pas. Je ne leur arrive pas la cheville, n'en ai ni la prétention ni l'espoir. En fait, je pense que je suis plus influencée par une pléthore de « petits » auteurs de nouvelles dont je suis assez boulimique. Je dévore les webzines et fanzines qui me passent sous la main ou la tablette. J'estime que là, je peux me comparer. Alors, je décortique, je critique, et je me fais in­fluencer.
     
    As-tu une anecdote à nous raconter sur ton parcours artistique ?
    De passage chez un ami de la blogosphère, il m'a fait une remarque sur mes textes qui m'a fait totalement changer de perspective sur mon écriture : « Tes textes sont glauques ». Je me voyais avant surtout comme une fan de SF et de fantasy. Je plaçais mes histoires dans ce type d'univers. Il m'a ouvert les yeux sur le fait que j'écrivais en grande majorité du fantastique et du vraiment pas très gai. D'où ma phrase précédente sur l'exorcisme. Allons au bout de la démarche… l'écriture doit être une forme de thérapie chez moi.
     
    Quels sont tes projets ?
    Réussir à tout concilier, vaste programme : parcours professionnel, famille, mon auto-entreprise autour de l'application mobile Fanzines, l'écriture… On passe quand aux journées de 40 heures ?
     
    Est-ce que tu possèdes une page perso où l'on peut suivre ton actualité ?
    question-sf.over-blog.com
    www.cima-fanzines.com/blog
     
    Pour conclure, as-tu un dernier mot à ajouter ?
    Merci à M&L de continuer à monter de beaux projets, à soutenir le fanzinat et à nous faire rêver. Longue vie à M&L !!!
      

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    Cette interview de Celadone a été réalisée dans le cadre de la parution de son illustration, inspirée par la nouvelle Tous les robots s'appellent Alex, dans le webzine Mots & Légendes 9.

     
    Pourrais-tu te présenter en quelques mots à nos lecteurs ?
    Bonjour, je m'appelle Celadone (c'est bien sûr un pseudo), je suis illustratrice et auteure de BD.
     
    Comment t'est venu le goût du dessin, à quel âge ?
    Difficile à dire, je pense que j'ai commencé à dessiner comme tous les enfants à la maternelle, et je ne me suis jamais arrêtée. C'est l'envie de raconter des histoires qui me motive.
    Le dessin est un formidable médium !
     
    Comment abordes-tu la création d'un dessin ? Comment te vient l'inspiration ?
    Je laisse aller mon imagination, c'est au début assez vague : un thème, une idée…, cela peut prendre plusieurs jours. Je griffonne sur mon carnet de croquis quelques esquisses sous différents angles, les personnages... Jusqu'à être satisfaite de ma composition. Ensuite je passe au crayonné, je scanne, j'encre, je colorise à l'ordinateur, je finis en plaçant les ombres et voilà !
     
    Peux-tu nous parler de la façon dont tu as abordé l'illustration du texte Tous les robots s'appellent Alex ?
    Kaliom de Mots & Légendes m'a proposé 2 nouvelles. J'ai eu un coup de cœur pour Tous les robots s'appellent Alex. J'ai donc travaillé dessus, c'est assez difficile de résumer le texte en une image, sans en dire trop.
     
    Quel est ton endroit favori pour dessiner ? As-tu des rituels ?
    La météo influence énormément mon envie de me mettre à ma table à dessin. Je travaille dans ma véranda pour avoir le maximum de lumière, je mets la télé en bruit de fond, les crayons à portée de main et c'est parti !
     
    Quels sont tes illustrateurs favoris ? Influencent-ils tes dessins ?
    Je citerai en illustration : Alan lee, ses aquarelles du Seigneur des anneaux sont merveilleuses, en BD : Barbucci-Canepa et leur incroyable Sky-Doll, mais il y en a beaucoup d'autres et chacun m'influence !
     
    As-tu un dessin dont tu es particulièrement fière ? Voudrais-tu nous le montrer ?
    Je suis une éternelle insatisfaite (rire), pour l'instant mon préféré c'est celui-ci :


     
    Est-ce que tu as un style de dessin que tu préfères ? Y a-t-il des projets d'illustration que tu refuserais ?
    J'adore explorer, faire des essais, quitte à me casser les dents… par contre, comme le dessin est une passion, il m'arrive de refuser un projet si je n'ai pas un coup de cœur.
     
    Quels sont tes projets ?
    J'ai plusieurs projets de BD en cours, parmi ceux qui me tiennent particulièrement à cœur il y a ma BD en ligne, une saga entre heroic fantasy et science-fiction. Je réalise à la fois le scénario, le dessin et les couleurs, c'est « mon bébé ». Les encouragements sont les bienvenus.
     
    Pour conclure, qu'as-tu envie de nous dire ?
    Merci à Mots & Légendes de m'avoir permis d'illustrer une de leurs nouvelles. J'espère que mon illustration de Tous les robots s'appellent Alex vous plaira.
     
    Vous pouvez retrouver l'univers de Celadone sur son blog.

     

  • Cette interview de Jean Bury a été réalisée dans le cadre de la parution de sa nouvelle Tous les robots s'appellent Alex dans le webzine Mots & Légendes 9.


    Pourrais-tu te présenter en quelques mots à nos lecteurs ?
    Je m'appelle Jean Bury. Je suis devenu traducteur de jeux vidéo après avoir été scout marin, enfant de troupe, apprenti lapidaire, étudiant en droit et transmetteur OTAN : c'est vous dire si je sais où je vais. Pour le reste, j'aime la musique de chambre du 20e siècle, le free jazz, Thucydide, Annie et Tibbers, les séries B, le whisky et les stylos-plume. J'ai pas mal fumé la pipe aussi, mais j'ai arrêté quand je me suis rendu compte que ça ne suffisait pas pour égaler Simenon et Honegger.
     
    Comment t'est venu le goût de l'écriture, à quel âge ?
    Il y a deux ou trois ans, un soir où j'avais terminé ma saison de Star Trek Voyager sans pouvoir me payer la suivante. Du coup, je m'embêtais sec.
     
    Comment abordes-tu la création d'un texte ? Comment te vient l'inspiration ?
    Pour être absolument honnête, je raconte toujours la même histoire, alors je ne me suis jamais déboîté une omoplate en cherchant des idées. Je constate tout de même que plus je rencontre des gens, plus j'ai envie d'écrire. Au bout du compte, c'est d'eux qu'on a envie de parler. Des gens.
     
    Peux-tu nous parler du processus d'écriture de la nouvelle Tous les robots s'appellent Alex ? Ce qu'elle représente pour toi ?
    Étant un adulte à la ramasse après une enfance studieuse, j'aime bien mettre en scène des adultes studieux qui s'occupent d'enfants à la ramasse : ce parallélisme satisfait mon sens naturel de la symétrie. Je reconnais que, dans cette nouvelle, Alex est vraiment très à la ramasse et Père très studieux. J'ai peut-être un peu poussé, pour le coup.
     
    Quel est ton endroit favori pour écrire ? As-tu des rituels ?
    Un seul rituel : le manuscrit à l'encre et en cursive ! J'aime tellement écrire à la plume que je pourrais recopier la newsletter du Conseil Constitutionnel rien que pour le plaisir d'utiliser mes stylos.
     
    As-tu un texte dont tu es particulièrement fier et que tu voudrais nous faire découvrir ?
    Pas vraiment : je débute, j'ai encore tout à apprendre. Si je travaille bien, je devrais pouvoir passer caporal dans dix ou quinze ans, comme me disait mon chef de section à l'internat.
    Bon, il y aurait bien Rach et Dzenn contre les Microcéphales des Marais, écrit avec ma sœur, ou Du cognac dans les biberons, écrit avec deux amis, mais ces ouvrages ayant disparu dans un bombardement, il faudra que vous me croyiez sur parole.
     
    Quels sont tes auteurs favoris ? Influencent-ils tes écrits ?
    En matière de SFFF, ma plus grande influence, c'est Philippe Ebly. Je ne sais pas pourquoi, tout le monde rigole quand je dis ça, pourtant c'est la stricte vérité ! Cela dit, j'ai aussi été marqué durablement par Kaïro, de Kiyoshi Kurosawa, et par Vampyre Nation, qui est le plus beau film métaphysique du monde.
     
    As-tu une anecdote à nous raconter sur ton parcours artistique ?
    Lorsque j'ai publié ma première histoire sous mon vrai nom, quelqu'un m'a demandé si j'étais le fils de Brad. Je lui ai payé une bière.
     
    Quels sont tes projets ?
    Je travaille depuis presque deux ans sur un roman d'anticipation hors de contrôle, colossal, babylonien, que je lutte pour ramener sous les 1 000 pages. Remarquez, comme ça, si aucun éditeur n'en veut, je pourrais prétendre que c'est à cause de la longueur.
     
    Est-ce que tu possèdes une page perso où l'on peut suivre ton actualité ?
    J'en avais une, mais je me la suis fait chourer par un stalker que j'avais engagé pour explorer la Zone. Si vous mettez la main dessus, Mots & Légendes fera suivre. D'avance, merci !
     
    Pour conclure, as-tu un dernier mot à ajouter ?
    Les fanzines et la microédition numérique sont des bénédictions pour la littérature de genre que nous aimons : ils prouvent qu'il y a des choses à dire en dehors des grands circuits de l'édition classique. Alors je remercie les auteurs, les éditeurs, les lecteurs, les chroniqueurs qui leur donnent une chance. Et à tous, je souhaite bon vent et mer calme !
     

  • Cette interview de Crômm a été réalisée dans le cadre de la parution de ses illustrations, inspirées par les nouvelles 30 jours avant la lumière et Le Bagne de Carralet, dans le webzine Mots & Légendes 9.


    Pourrais-tu te présenter en quelques mots à nos lecteurs ?
    Oui, je m'appelle Ludwig, Lou ou encore Crômm et je suis un illustrateur freelance qui s'est lancé dans la grande aventure il y tout juste 2 ans. J'ai 36 ans.
     
    Comment t'est venu le goût du dessin, à quel âge ?
    J'ai eu le goût de dessiner tout petit lors d'un concours entre moi et mon frère. J'avais peut-être 2 ans et j'ai dessiné mon premier canard reproduit à partir d'un livre d'enfant. Depuis ce temps, je gribouille sans cesse.
     
    Comment abordes-tu la création d'un dessin ? Comment te vient l'inspiration ?
    Tout me vient en gribouillant. Plus je griffonne, plus j'ai d'idées parfois même un peu trop. Surfer sur le net peut aussi m'inspirer.
     
    Peux-tu nous parler de la façon dont tu as abordé les illustrations des textes : Le bagne de Carralet et 30 jours avant la lumière ?
    J'ai tout pêché dans les textes !
     
    Quel est ton endroit favori pour dessiner ? As-tu des rituels ?
    J'aimerais bien avoir un endroit à moi mais j'en ai pas pour le moment, manque de place. Non, pas de rituels.
     
    As-tu un dessin dont tu es particulièrement fier ? Voudrais-tu nous le montrer ?
    Actuellement, non. Mais je suis fier de tous les dessins et peintures que je termine.
     
    Quels sont tes illustrateurs favoris ? Influencent-ils tes dessins ?
    Récemment j'ai découvert Jeff Miracola, un dieu parmi tant d'illustrateurs. Il y aussi le traditionnel Didier Graffet et l'un de mes favoris, Vincent Dutrait. Ils n'influencent pas mon style ; mais j'ai aucun remords à piquer les trucs (techniques) qu'ils nous partagent !
        
    Est-ce que tu as un style de dessin que tu préfères ? Y a-t-il des projets d'illustration que tu refuserais ?
    J'aime le médiéval fantastique, c'est mon univers préféré et oui, je refuse tous les projets d'illustrations dans lesquels je n'ai aucun attrait.
     
    As-tu une anecdote à nous raconter sur ton parcours artistique ?
    Pas pour le moment.
     
    Quels sont tes projets ?
    Améliorer mon dessin et ma qualité de peinture.
     
    Pour conclure, qu'as-tu envie de nous dire ?
    Merci à Ludovic (Mots et Légendes) pour sa confiance et son soutien et à bientôt tout le monde !
     
    Vous pouvez retrouver l'actualité et l'univers de Crômm sur sa page Facebook.
     

  • Cette interview de Rodrigo Arramon a été réalisée dans le cadre de sa participation à l'appel à illustrations « Science-Fiction dans tous ses états » pour le webzine Mots & Légendes 9.

     

    Pourrais-tu te présenter en quelques mots à nos lecteurs ?
    Rodrigo Arramon, 40 ans, né au Chili pour ensuite passer ma jeunesse et la première partie de mon adolescence en Afrique. Je suis un dessinateur amateur sous le pseudonyme d'Isangeles et écrivain amateur, mais je viens de basculer du côté « auteur publié » depuis peu.
     
    Comment t'est venu le goût du dessin et de l'écriture, à quel âge ?
    Je me souviens très bien de l'année pour les deux, c'était au Cameroun, à Maroua, en 1985. Mes parents m'avaient abonné au journal Spirou. Je recevais tous les numéros d'un mois en même temps. Ils étaient lus en quelques heures. Je les relisais, encore et encore. J'adorais. L'attente pour les suivants était trop longue. Depuis tout petit je me suis toujours raconté des histoires en les faisant vivre à mon « bigjim », mes trois playmobils et ma boîte de soldats en plastique 1/72 qui m'accompagnaient partout. Un dimanche particulièrement ennuyeux j'ai pris un stylo, du papier, un papier carbone et j'ai commencé à créer mon premier fanzine (je ne connaissais pas le mot à l'époque) : j'y écrivais des articles sur des évènements imaginaires avec une ambiance mystérieuse. Il y avait aussi une BD sur des vautours… J'ai réalisé trois numéros en deux exemplaires à chaque fois… Ce furent les prémices.
    Par la suite, au lycée, j'ai commencé à vraiment écrire. Des imitations de Lovecraft et de Stephen King, des textes au final très pompeux, très verbeux. Un début de roman de science-fiction aussi. Niveau dessin, je m'inspirais de Tome et Janry. Ensuite, ce furent les études supérieures. J'ai continué à écrire, mais pas à dessiner. Je me suis remis au dessin vers 2007 sur le forum BDAmateur (le forum tout orange). Et depuis je n'ai plus arrêté. 
     
    Comment abordes-tu la création d'une histoire ou d'un dessin ? Comment te vient l'inspiration ?
    Pour un dessin, c'est la plupart du temps improvisé. Je commence par dessiner un personnage, dans différentes positions. Quand j'arrive à sortir une pose qui me plaît, je m'attarde dessus, je la retravaille, encore et encore, j'essaye d'imaginer une histoire à ce personnage : d'où il vient, pourquoi est-il là, dans cette attitude ? Je dessine aussi pas mal en rapport avec mes écrits afin d'illustrer le texte, d'avoir un support visuel, comme pour donner un peu de chair à l'être de mots.
    L'écriture, c'est différent. Je n'attaque jamais une histoire sans avoir au préalable bien réfléchi. Quand je décide d'écrire sur un sujet, c'est parce que le sujet m'intéresse, m'interpelle ou présente un véritable challenge. Je laisse les idées venir, sans les noter. J'y pense avant de m'endormir, ou quand j'ai un moment de libre en écoutant un peu de musique. Au bout d'un certain temps, les idées qui restent, sont les lignes de force de mon futur récit. Je les note sur une page A4. Je trace une frise chronologique et je note le début, le milieu et la fin. Les personnages peuvent alors entrer en scène. Je leur donne une identité, une description. J'ai là le nécessaire pour écrire. Dès lors je prends mon traitement de texte et je me lance dans le premier jet, sans me poser de questions sur la structure. J'ai déjà presque toute l'histoire dans ma tête. Quand je n'arrive plus à avancer, je laisser le texte pendant quelques jours et j'essaye d'imaginer plusieurs suites, plusieurs chapitres avant de continuer.
     
    Peux-tu nous parler de ton romanMarl le Chevrier qui vient de paraître chez RroyzZ Editions ?
    L'idée du roman est née en 1998. Il s'agissait d'un scénario original pour une partie de Warhammer, le jeu de rôle papier. J'ai mis en place une trame, j'ai commencé à faire jouer le scénario. Et puis j'ai été rattrapé par le service militaire. On passait beaucoup de temps à ne rien faire dans ces casernes, surtout après les classes qui durèrent deux mois. Du coup, j'ai posé des idées sur un cahier. Le monde des Territoires prenait forme. J'ai repris ces notes il y a deux ans : je me sentais enfin prêt pour écrire cette histoire. J'ai commencé par une publication courte, sur mon blog. Au total, quarante pages. C'est alors que Nicolas Jéhanno, un camarade scénariste de l'association Chacalprod, m'a suggéré d'envoyer un manuscrit à Emmanuel Millet qui cherchait de la fantasy pour sa jeune maison d'édition. La réponse arriva presque aussitôt : d'accord, mais à condition d'atteindre un nombre de pages plus conséquent. J'ai mis un an à tout retravailler, à allonger le manuscrit. L'histoire a été remaniée totalement environ six fois. Ensuite, il a fallu retravailler dans le détail. Mon camarade Nicolas Jéhanno a été mon « script doctor » et mon relecteur principal sur l'ensemble. Le texte lui doit beaucoup. Voilà pour la création.
    Marl le Chevrier est une légende que les conteurs réservent pour les longues nuits d'hivers. Marl est un duc qui a hérité d'un duché à l'abandon. La population a quitté les lieux depuis très longtemps. Pour survivre, le grand-père de Marl a mis en place une chèvrerie. L'existence de Marl est assez simple, il ne se pose pas beaucoup de questions. Un jour, un messager du roi le somme de venir à la capitale du royaume. Il doit prendre en charge la princesse Kimrah, septième enfant du Roi. Or, la Tradition raconte que la naissance d'un Septième bouleversera le monde à un tel point que rien ne sera comme avant. La famille de Marl a totalement délaissé l'instruction du jeune homme. C'est un bon guerrier qui n'a aucune idée de ce qui l'attend.
    Le roman a été composé dans une optique particulière. Il s'adresse à tout le monde bien sûr, mais je visais aussi les personnes qui ont peu de temps pour lire, ou qui n'aiment pas trop lire. Ainsi le rythme est très rapide. Les descriptions vont à l'essentiel. J'ai essayé d'apporter au lecteur toutes les réponses aux questions qui saupoudrent le livre.
     
    Quel est ton endroit favori pour dessiner ou écrire ? As-tu des rituels ?
    Pour écrire, c'est le bureau, ou le salon au milieu des miens. C'est surtout dans la maison des vacances que l'écriture vient le mieux. J'ai une vue sur un grand chêne majestueux. Il y a le calme et une ambiance propice à la création. Je n'ai aucun rituel au contraire du dessin. Je dessine un peu n'importe où, mais c'est toujours avec les mêmes porte-mines.
     
    As-tu une création dont tu es particulièrement fier ? Voudrais-tu nous le montrer ?
    Il y a le croquis réalisé en écrivant Marl le Chevrier : Arstène chevauchant son dragon.
     
    Quels sont tes artistes favoris ? Influencent-ils ton travail ?
    Au niveau écriture, ils sont nombreux. Je peux cependant en citer quelques-uns qui m'ont vraiment influencé. Ray Bradbury tout d'abord et la majorité de ses livres. Philip K. Dick et ses univers dérangeants. David Gemmell, je ne peux pas ne pas le nommer. Il est vraiment la pierre angulaire de mon écriture. J'aime son style percutant, qui va à l'essentiel, ses univers vastes qu'il savait rendre si familiers. En auteurs français j'aime beaucoup Pierre Grimbert et Tristan Lhomme. Pour finir, citons Camus, Malraux et Styron.
    Niveau dessin, Tome et Janry ! La Vallée des Bannis est en tête dans mon classement des meilleurs albums de tous les temps. J'aime vraiment la période qu'ils ont consacrée aux aventures de Spirou. D'ailleurs mon style vient d'eux. Après, ils sont légion, je ne peux pas citer tous ceux qui me plaisent. Je suis assez curieux et j'aime regarder beaucoup de choses. S'il faut en citer un dernier : Taniguchi.
        
    As-tu une anecdote à nous raconter sur ton parcours artistique ?
    Quand j'étais au lycée, en première, j'avais commencé un roman de science-fiction se déroulant sur Mars. Je passais mon temps à le travailler, au lieu de bosser les mathématiques par exemple. Ma prof un jour me lance un peu par provocation : « Et tu fais quoi au lieu de faire des maths ? » Bien sûr j'ai répondu : « J'écris un livre ». Elle n'a rien répondu à cela. Je me souviens de son regard et de son sourire à cet instant. J'ai aimé son respect. Alors j'ai bossé les maths et j'ai délaissé un peu le roman.
    Il y a peu, elle a appris que j'avais publié mon premier roman. Nous avons échangé des mails et nous avons parlé de cette anecdote. Elle a alors eu ces mots : « je constate avec joie que tu as choisi ton petit chemin de traverse dessiné par le « j'écris un livre » plutôt que de continuer sur les grands rails des « il faut faire des maths », comme le disait Jacques Lacan "il s'agit de ne pas céder sur son désir "c'est ce que tu as fait. » Ces mots me touchent beaucoup.
     
    Quels sont tes projets ?
    Pour l'écriture, avec l'éditeur nous sommes partis pour une série de livres dans le même univers que celui de Marl. On va découvrir divers aspects des Territoires, diverses cultures, plus en détail. Je compte aussi mener à bien le challenge d'écriture entamé auprès de l'éditeur factice Les Deux Zeppelins. Il va normalement se terminer en juillet 2015.
    Niveau dessin, je viens de terminer les planches de mon webcomics, Les Aventuriers de l'Étrange. Je vais essayer de proposer cette œuvre pour publication à l'association Chacalprod. Du coup, je vais certainement me pencher sur une nouvelle histoire, je ne sais pas encore laquelle.
     
    Pour conclure, qu'as-tu envie de nous dire ?
    Que l'écriture est un bien précieux. Qu'il faut lire, encore et encore et ne pas hésiter à écrire, à croire en ses rêves et ne pas se décourager. Je suis aussi très content d'être dans ce numéro. Pour moi, depuis que je connais votre revue, vous êtes une référence. J'aime la qualité de vos textes, et surtout votre sérieux. Merci à vous et que votre chemin soit des plus merveilleux !
     

  • Cette interview de Léa Silva a été réalisée dans le cadre de la parution de sa nouvelle Inua-b dans le webzine Mots & Légendes 9.

     

    Pourrais-tu te présenter en quelques mots à nos lecteurs ?
    Ma propension à parler de moi est inversement proportionnelle à celle d’écrire des histoires. Un petit mot quand même ? Mettons un petit chiffre… 254, c’est la somme de ma taille, de mon poids et de mon âge.

    Comment t’est venu le goût de l’écriture, à quel âge ?
    J’ai connu des périodes plus ou moins intenses d’écriture depuis mes sept ans, avec un goût très prononcé pour le court, d’abord poésie puis nouvelles.

    Comment abordes-tu la création d’un texte ? Comment te vient l’inspiration ?
    Je peux avoir une partie du scénario, la première phrase. En fait, c’est très variable d’un texte à l’autre. Mais j’ai beaucoup de chance, je parviens à forcer mon inspiration sur de courtes distances.

    Peux-tu nous parler du processus d’écriture de la nouvelle Inua-b ? Ce qu’elle représente pour toi ?
    C’est une nouvelle qui était très expérimentale par rapport à mon travail habituel, à la fois du fait des multiples narrateurs et de la longueur du texte. Et, pour moi qui n’ai pas d’imagination visuelle, cette nouvelle est aussi particulière parce que j’ai réussi à voir Inua-b. Du coup, j’ai d’ailleurs écrit une nouvelle non publiée qui se situe dans le même genre de monde.

    Quel est ton endroit favori pour écrire ? As-tu des rituels ?
    Mon endroit favori ? Mon lit, avec un cahier à lignes et un stylo qui écrit vite. Hélas, ce n’est pas toujours très confortable pour les articulations. Du coup je tape souvent directement sur ordinateur. En général, j’écris dans le silence (plus ou moins complet en fonction de l’environnement).

    As-tu un texte dont tu es particulièrement fière et que tu voudrais nous faire découvrir ?
    Fière, c’est un bien grand mot… Admettons. Je suis fière de certains textes pour lesquels je dois forer au fond de mes tripes. Fille ou garçon, que j’ai posté sur mon blog, fait partie de ceux-là. Le texte se trouve ici.

    Quels sont tes auteurs favoris ? Influencent-ils tes écrits ?
    Il y a en a beaucoup trop pour que je choisisse. Le dernier en date ? Marguerite Yourcenar et ses Mémoires d’Hadrien. C’est d’une retenue et d’une clairvoyance admirables ! Mais je ne pense pas que Marguerite Yourcenar influence un jour mon écriture (je n’ai pas dit que je n’aimerais pas). En SFFF, mon dernier coup de cœur a été pour la série Les foulards rouges de Cécile Duquenne. Un vrai voyage ! J’attends la suite avec impatience.

    Quels sont tes projets ?
    Aucun, en fait. J’ai décidé, pour voir, de ne plus écrire pendant quelques mois. Quand cette période fixée sera finie, la route s’ouvrira devant moi et je ne sais pas encore vers quoi je me dirigerai.
     
    Est-ce que tu possèdes une page perso où l’on peut suivre ton actualité ?
    Celle de mon blog, notée plus haut. Et une page FB qu’on peut trouver facilement.

    Pour conclure, as-tu un dernier mot à ajouter ?
    Merci à Roxane Dambre qui avait bêta-lu ce texte et qui a cru en lui avec un indéfectible enthousiasme.
    Merci aussi à l’équipe de « Mots et Légendes » pour son profession­nalisme !

  • Cette interview d'Anthony Boulanger a été réalisée dans le cadre de la parution de sa nouvelle 41 unités temporelles dans le webzine Mots & Légendes 9.

     

    Pourrais-tu te présenter en quelques mots à nos lecteurs ?
    Je suis Anthony Boulanger, auteur dans les genres de l'Imaginaire depuis 2005 à peu près. Je suis marié, père de deux garçons, et avec ma femme, ils forment un trio inspirateur détonnant ! Je ne suis pas très à l'aise avec les présentations mais je vais essayer de rendre cela intéressant malgré tout. ^^
     
    Comment t'est venu le goût de l'écriture, à quel âge ?
    Je parlais de 2005, c'est l'année durant laquelle j'ai commencé à sérieusement écrire, en commençant par un roman de Fantasy. Je voulais, après avoir dévoré le contenu des rayons SF et Fantasy de la bibliothèque municipale, raconter une histoire que j'aurais aimé lire avec les héros de mon choix, un bestiaire personnel et un univers façonné sur mesure pour leurs péripéties. Ce projet m'a occupé durant toute l'année en question, puis 2006 a été celle des corrections et affinages.
    En 2007, je me suis lancé dans l'écriture de nouvelles en découvrant le monde des appels à textes que je n'ai toujours pas quitté aujourd'hui !
     
    Comment abordes-tu la création d'un texte ? Comment te vient l'inspiration ?
    Dans le cas particulier des nouvelles en réponse à des appels à textes, par exemple, je lis régulièrement l'intitulé de l'AT, la première fois quelques jours après sa sortie et je laisse travailler l'inconscient en tâche de fond ! Les idées apparaissent jour après jour et un tri naturel s'opère entre celles qui tiennent la route, celles qui peuvent être combinées à d'autres pour aborder un thème sous un angle original, celles à oublier définitivement. À la fin du compte, je passe pas mal de temps à réfléchir à ce que je veux : nouvelle d'ambiance, d'idée, à chute, à la narration que je vais employer (point de vue et temps employé), l'univers. J'ai le plus souvent tous les éléments en tête quand je me lance.
     
    Peux-tu nous parler du processus d'écriture de la nouvelle41 unités temporelles ? Ce qu'elle représente pour toi ?
    J'ai commencé la rédaction de 41 unités temporelles peu de temps après les annonces des futurs vols privés à destination de Mars, de la sélection des candidats, de ce que pouvait représenter, pour la famille laissée sur Terre, une telle décision de la part des futurs colons. Cela a quelque chose de terrifiant (surtout quand on imagine son fils se passionner pour de telles destinations) et ainsi est né le personnage principal : sans attache, et tourné vers l'exploration spatiale, dans la lignée des premiers vols expérimentaux.
    Ayant un intérêt fort pour les phénomènes extrêmes en astrophysique, je me suis dit que les trous noirs recelaient encore suffisamment d'inconnu pour que ça vaille le coup d'y envoyer un explorateur fictif !
     
    Quel est ton endroit favori pour écrire ? As-tu des rituels ?
    J'aime bien écrire sur de grands bureaux avec beaucoup de place pour m'étaler, mais ce n'est pas le genre de mobilier que j'ai ! Plus sérieusement, je n'ai pas d'endroit fétiche, pas plus de rituels. Ayant peu de temps libre pour écrire, je suis particulièrement concentré à exploiter les moindres interstices dans les plannings pour rédiger quelques centaines de signes à la fois.
     
    As-tu un texte dont tu es particulièrement fier et que tu voudrais nous faire découvrir ?
    Actualité oblige, je voudrais bien toucher un mot de Zugzwang, mon premier roman publié, aux Éditions Elenya. Il s'agit d'un texte dans la mouvance cyberpunk – anticipation, dont le principal protagoniste est un joueur d'échecs. Il passe sa vie entière connecté sur les réseaux, comme la grande majorité de la population et il côtoie allègrement intelligences purement artificielles, des programmes, des virus et autres entités numériques. Sa vie prend un nouveau tournant quand il découvre que le supercalculateur Hydra est infecté par un virus d'un genre nouveau et particulièrement agressif. J'ai eu à cœur de partager ma passion du jeu et du net par les péripéties et les matchs qui parsèment le roman.
     
    Quels sont tes auteurs favoris ? Influencent-ils tes écrits ?
    Parmi le haut de la liste, il y a Roland Wagner, Glen Cook, Barjavel, Tolkien, Orson Scott Card, Alain Damasio. Indubitablement, ils m'influencent même si je ne saurais pas dire à quel point. Je relis certaines de leurs œuvres régulièrement comme (respectivement) Le Chant du Cosmos, La Compagnie Noire, L'Enchanteur, Le Silmarillion, La Stratégie Ender et La Horde du Contrevent. Ce dernier ouvrage, en particulier, me poursuit. Je soupçonne la présence du fauconnier et de l'autoursier d'y être pour beaucoup en plus du style de l'auteur !
     
    As-tu une anecdote à nous raconter sur ton parcours artistique ?
    Oh, rien ne me vient en tête pour le moment, j'y réfléchis et on voit ça pour la prochaine présentation ^^
     
    Quels sont tes projets ?
    En ce moment, je passe pas mal de temps à gamberger sur un projet de roman autour des Oiseaux (eh oui, encore une fois !). L'ambiance est fantasy, je me sens bien dans ce petit monde, on va voir comment tout cela va évoluer !
    Il y a également une sortie qui me tient à cœur sous la forme d'un recueil de quatre nouvelles mettant en scène Erem de l'Ellipse, un enquêteur dans un contexte de fantasy, mais tu le connais aussi bien que moi !
     
    Est-ce que tu possèdes une page perso où l'on peut suivre ton actualité ?
    On peut suivre de façon à peu près régulière mon actualité en rapport avec le monde de la SFFF sur mon blog, ainsi que sur ma page Facebook : Anthony Boulanger – Auteur SFFF.
     
    Pour conclure, as-tu un dernier mot à ajouter ?
    Merci à l'équipe et toi pour votre travail et votre implication sur les textes qui composent ce nouvel opus de Mots & Légendes !
    Merci aux lecteurs qui se pencheront sur ces nouvelles et illustrations !
      

     

  • Cette interview de Vay a été réalisée dans le cadre de la parution de son illustration, inspirée par la nouvelle Le dernier homme sur la terre, dans le webzine Mots & Légendes 9.

     
    Pourrais-tu te présenter en quelques mots à nos lecteurs ?
    Bonjour, je m'appelle Valérie Loetscher, mais mon nom d'artiste est Vay. Je vis en Suisse dans un tout petit village, avec mon mari, mes deux garçons et mon chien.
     
    Comment t'est venu le goût du dessin, à quel âge ?
    J'ai toujours aimé dessiner, depuis mon plus jeune âge. Au début, je recopiais les dessins, les chats et les chiens qui étaient dessinés dans mes livres d'enfants, puis les personnages de BD, c'est seulement vers 12-13 ans que ma propre imagination s'est mise en marche ^^
     
    Comment abordes-tu la création d'un dessin ? Comment te vient l'inspiration ?
    En règle générale, mon inspiration peut venir d'un écrit, d'un sentiment, d'une situation vécue. C'est toujours différent.
     
    Peux-tu nous parler de la façon dont tu as abordé l'illustration du texte Le dernier homme sur terre ?
    Après avoir lu le texte, j'ai toute de suite eu en tête ce robot et surtout le singe. J'ai trouvé que la relation entre les deux avait quelque chose de prophétique... L'homme descend du singe, il crée le robot, et le robot retourne à la source en quelque sorte.
     
    Quel est ton endroit favori pour dessiner ? As-tu des rituels ?
    Non, je n'ai pas de rituel, j'aime juste écouter de la musique. Sinon, j'ai un petit local à la maison que je nomme « l'atelier »... C'est plein de bordel un peu partout, mais c'est mon « antre » ^^
     
    Quels sont tes illustrateurs favoris ? Influencent-ils tes dessins ?
    Je n'ai pas de dessinateur « phare », j'apprécie autant un Rembrandt, un Delacroix, qu'un Marc Simonettiou un Jérémy Fleury. L'essentiel est que ça me procure une émotion. Par contre j'aime beaucoup quand les dessinateurs jouent avec les clairs-obscurs et les couleurs complémentaires.
    Oui, ils m'influencent, car j'apprends beaucoup de mes pairs en les regardant faire, en étudiant leur façon de travailler et c'est toujours un grand plaisir.
     
    As-tu un dessin dont tu es particulièrement fière ? Voudrais-tu nous le montrer ?
    J'aime beaucoup les pin-up que j'ai faites pour les challenges « Trinquettes », notamment celle des années 50.
     
    Est-ce que tu as un style de dessin que tu préfères ?
    Oui, j'aime dessiner des personnages, des portraits, des nus. Je trouve que le corps humain est une fabuleuse machine.
     
    Y a-t-il des projets d'illustration que tu refuserais ?
    Oui, si c'est raciste, homophobe et vulgaire.
     
    As-tu une anecdote à nous raconter sur ton parcours artistique ?
    Hummm pas vraiment mis à part que quand on sent qu'on est fait pour quelque chose, il ne faut pas baisser les bras, même si on s'écarte de son chemin pendant un petit moment, faut jamais perdre ses rêves de vue.
     

    Quels sont tes projets ?
    J'ai deux couvertures de livre en préparation, une pour Kitsunegari Éditions et une autre pour les Éditions Flammèche.
    J'ai aussi deux livres jeunesse, un pour Nats Éditions et un autre avec Whisperies.
    Je prépare aussi une petite illustration dans le cadre de « Rêves » mis en place par IF Association, qui a pour but de soulever des fonds pour la réalisation des rêves des enfants malades.
    On m'a aussi passé commande pour une fresque murale dans une entreprise de ma région.
    Je serai aussi présente à deux festivals de ma région pour faire la promotion de deux livres jeunesse Perle, l'huitre magique éditée par Calepin ainsi que Samuel qui est sorti chez Nats Éditions en mai.
    Et mis à part tout ça ??? Ben continuer à faire ce que j'aime :)
     
    Pour conclure, qu'as-tu envie de nous dire ?
    Gardez et cultivez votre âme d'enfant, et croyez en vos rêves.
     


    Lien FB : facebook.com/VayIllustration
    facebook.com/VayIllustrationJeunesse
    Book online : vay.ultra-book.com/
    Site Internet : vayillustration.ch
     

    Samuel actuellement en vente chez Nats Éditions
     

     
    Perle, l'huitre magique actuellement en vente aux Éditions Calepin

  • Cette interview de Jean-Marc Sire a été réalisée dans le cadre de la parution de sa nouvelle Le dernier homme sur la terre dans le webzine Mots & Légendes 9.


    Pourrais-tu te présenter en quelques mots à nos lecteurs ?
    Je fais partie de la bande des joyeux auteurs SFFF passionnés et anonymes. Écrire des histoires abracadabrantes et farfelues c'est mon hobby, avec une prédilection pour les gentils robots, les ratons laveurs extraterrestres, les gnomes déjantés et les personnages à la moralité un peu bancale (avec une affection toute particulière pour la catégorie « jamais content et légèrement aigris »).
     
    Comment t'est venu le goût de l'écriture, à quel âge ?
    Je crois que ça a toujours été plus ou moins là, comme une extension naturelle à la lecture, mais c'est vraiment depuis 2013 que j'ai commencé à m'y investir de façon « sérieuse » et à découvrir tout cet univers passionnant qui tourne autour du livre, de l'écriture et de l'édition.
     
    Comment abordes-tu la création d'un texte ? Comment te vient l'inspiration ?
    C'est presque toujours un déclic, une phrase ou une réplique qui sort un peu comme ça de nulle part et qui s'impose pour lancer le récit et donner le « ton » de l'histoire.
     
    Peux-tu nous parler du processus d'écriture de la nouvelle Le dernier homme sur la terre ?
    Il m'arrive parfois d'écrire des nouvelles qui sont plus centrées sur les émotions que sur les rebondissements du scénario. Le dernier homme sur la terre est très représentatif de ces textes-là. Ce qui m'a particulièrement intéressé dans cette histoire, c'était la mise en humanité de ce robot empreint de mélancolie.
     
    Ce qu'elle représente pour toi ?
    En fait, c'est un clin d'œil à une œuvre de Clifford D. Simak : Demain les chiens.
     
    As-tu un texte dont tu es particulièrement fier et que tu voudrais nous faire découvrir ?
    La dernière nouvelle publiée est toujours notre favorite, mais moins que la prochaine à paraitre !
     
    Quels sont tes auteurs favoris ?
    Jack Vance, définitivement, parce qu'il a été pour moi la clef d'entrée dans la littérature SFFF, aussi bien en fantasy qu'en space opera, mais également et surtout Clifford D. Simak, avec des livres comme Demain les chiens ou Mastodonia. C'est un auteur qui m'a beaucoup marqué par la poésie de ses œuvres. Et puis, plus récemment, il y a Kim Stanley Robinson avec sa trilogie sur Mars.
     
    Influencent-ils tes écrits ?
    Forcément. Cette histoire en est d'ailleurs le parfait exemple !
     
    Quels sont tes projets ?
    Tout  simplement  continuer  à  essayer  de faire publier  mes  petites  histoires abracadabrantes.
    Je suis actuellement en discussion avec une maison d'édition numérique pour réaliser un recueil de nouvelles, certainement un projet pour fin 2015.
    Autrement, j'aurai la chance d'être au sommaire de la prochaine anthologie des éditions Arkuiris :  Hommes et animaux : demain, ailleurs, autrement, parution programmée pour juin 2015.
     
    Est-ce que tu possèdes une page perso où l'on peut suivre ton actualité ?
    Sur ma page d'auteur : the-wakwak-tree.overblog.com
     
    Pour conclure, as-tu un dernier mot à ajouter ?
    Avant tout remercier l'équipe de Mots & Légendes pour m'avoir accueilli dans ce 9e numéro. Je crois qu'il faut toujours redire que derrière un livre il n'y a pas que des auteurs ou des illustrateurs. Il y a aussi et surtout toute une équipe investie dans la sélection des textes, dans le travail éditorial, dans la mise en œuvre technique de l'ouvrage. Un livre c'est la réalisation d'un collectif. Et pour un auteur débutant comme moi, cette communauté est essentielle parce qu'elle créée des espaces d'expressions qui me permettent de faire vivre mes histoires.

  • Le numéro 9 de Mots & Légendes sur le thème "Science-Fiction dans tous ses états" est enfin disponible au téléchargement. Vous pouvez le lire gratuitement en version PDFEPUB et MOBI.

    Ce webzine est également disponible sur l'application Fanzines.

    Au sommaire de ce numéro de 273 pages A4 :

    Une couverture de Pascal Vitte

    Douze nouvelles :
    Le dernier homme sur la terre de Jean-Marc Sire, illustré par Vay
    41 unités temporelles d'Anthony Boulanger, illustré par Mickael Martins
    Inua-b de Léa Silva, illustré par Mickael Martins
    30 jours avant la lumière de David Osmay, illustré par Crômm
    Le Bagne de Carralet de Claire Delorme, illustré par Crômm
    Tous les robots s'appellent Alex de Jean Bury, illustré par Celadone
    Un titre pour le collectionneur d'Alice Mazuay, illustré par Florence Fargier
    Legacy of a hundred wars de Dingyu Xiao, illustré par Deice
    Aube Mortelle de David Chauvin, illustré par Didier Normand
    Agonie sous ciel vert de Nicolas Villain, illustré par Mickael Martins
    La symbiose de Catherine Loiseau, illustré par Vaelyane
    00011001 de Grégory Covin, illustré par Aurore Payelle

    Un article :
    Science-fiction : quand les scientifiques réalisent les rêves des auteurs de Manon Bousquet

    Une interview :
    Rencontre avec Rodrigo Arramon, participant à l'appel à illustrations « Science-Fiction dans tous ses états »


    Nous vous souhaitons une bonne lecture !

  • Virginie, pourrais-tu te présenter en quelques mots à nos lecteurs ?
    Je travaille dans une école Primaire et essaie de partager le temps qu'il me reste entre mes enfants et mes responsabilités. Cela ne me laisse pas assez de temps pour me consacrer pleinement au dessin et découvrir d'autres techniques, me perfectionner dans d'autres méthodes, m'améliorer, ect... J'aurais aimé être intervenante en arts plastiques mais j'ai pris un chemin différent, ce qui ne m'empêche pas de partager ma passion en dispensant quelques heures sur mon temps de travail aux élèves de mon École.  Et là, c'est que du bonheur !

    Comment t'est venu le goût du dessin, à quel âge ?
    Je dessine depuis l'adolescence, avec l'écriture de poème, ça m'a aidé à m'exprimer et à faire passer mes émotions.

    Comment abordes-tu la création d'un dessin ? Comment te vient l'inspiration ?
    Un peu au coup de cœur. Quand je lis un thème, une nouvelle, un poème, et que ça me parle, soit j'accroche de suite et je visualise la scène, ce que je vois à travers l'histoire, soit je pioche des images se rapprochant le plus de ce que je veux retranscrire et je les mets « à ma sauce » , y rajoutant les détails ou expressions les plus appropriés. Ce que j'aime dans ces cas là, c'est réussir à éveiller l'intérêt, les sentiments de celui qui la regarde afin qu'il ait envie d'en savoir plus.
    Par contre, si je n'accroche pas, je peux aussi dessiner mais l'inspiration manquera et cela risque de se ressentir. Dans ce cas là, je préfère m'abstenir.

    Quel est ton endroit favori pour dessiner ? As-tu des rituels ?
    Mon bureau d'angle, dans la salle, partagé en coin pc et coin dessin, les murs autour recouverts de cartes et illustrations de talentueux artistes de Mots et Légendes, rencontrés sur des Festivals.
    Les crayons à portée de doigts ! Mes morceaux de gomme mie de pain, une feuille sur ma pochette cartonnée, tenue avec deux pinces à dessin.... Quelques images sur mon pc, devant mes yeux pour me rapprocher au mieux de ce que je veux faire... Et c'est parti !

    Quels sont tes illustrateurs favoris ? Influencent-ils tes dessins ?
    Je pourrais citer Sandrine Gestin, qui m'a donné le goût et l'envie de dessiner davantage. J'aime la douceur, la finesse et la fluidité de ses œuvres.
    Également, Krystal Camprubi, d'une gentillesse et d'un talent rare. Ses créations sont magnifiques. Mélanie Delon, Loisel, Mougérou, ect...

    As-tu un dessin dont tu es particulièrement fière ?Voudrais-tu nous le montrer ?
    Oui, une reprise d'une photo, la femme voilée. Un dessin très significatif d'une période de ma vie.
    Femme voilée de Virginie Jaydem
    Est-ce que tu as un style de dessin que tu préfères ? Y a-t-il des projets d'illustration que tu refuserais ?
    J'ai une préférence pour les portraits, visage de femme ou d'enfant. Une émotion à faire passer, des choses à ressentir.
    Je refuserais à partir du moment ou ça me semble hors de portée, trop professionnel pour moi, petite amatrice. Et si le récit ne me touche pas à la première lecture.

    Quels sont tes projets ?
    En matière de dessin, passer à la colo. Vraiment, je n'ai pas le temps et ça me désespère. J'aimerais réussir à m'y mettre vraiment, et trouver un « mentor » qui pourrait me guider un peu.

    Pour conclure, qu'as-tu envie de nous dire ?
    J'espère que mes dessins, mes crayonnés vous auront plu et que l'année qui vient me permettra de passer enfin de nouvelles étapes en matière de dessin, de davantage m'investir dans des projets créatifs qui me tiennent à cœur.

    Vous pouvez retrouver l'univers de Virginie Jaydem sur son blog : http://virginie-jaydem.fr

     

  • Bon alors, si tu nous parlais un peu de toi ?
    Je m’appelle Grégory Covin, j’ai 37 ans et écris depuis grosso modo l’âge de 12 ans. J’ai commencé à apprécier le fantastique via les Livres dont vous êtes le héros. J’adorais plus particulièrement la Voie du Tigre, aventures lors desquelles on tenait le rôle d’un ninja (j’avais moi-même un shuriken et un livre sur le Ninjutsu, pour comprendre l’art de ces assassins de l’ombre). Mais les lectures qui m’ont vraiment influencé sont celles de Lovecraft, bien que j’aie surtout apprécié celles de ses fils spirituels comme Brian Lumley. Puis, en dehors de Stephen King qui est un passage obligé, je suis passé à Graham Masterton. Lui-même influencé par Lovecraft (Manitou). La grosse claque. C’est devenu mon maître spirituel. J’ai eu la chance d’être publié à ses côtés dans Borderline 3.

    Et tu as commencé à écrire des récits fantastiques dès 12 ans ?
    En fait, j’ai commencé à écrire des scénarios de jeux de rôles. L’Appel de Cthulhu bien sûr, mais du Dongeons and Dragons, Vampire la Mascarade, etc. Cela a été un bon moyen de comprendre les mécanismes qui font avancer l’histoire, qui intriguent et stressent le lecteur, qui donnent donc envie de tourner la page, puisqu’il fallait que mes joueurs soient constamment dans l’action. Mais c’est arrivé à 18 ans, au moment d’aller à la Fac, que j’ai entamé l’écriture de nouvelles. La période « jeu de rôles » s’étant terminée, parce qu’il devenait difficile de se voir entre amis pendant plusieurs heures pour jouer, il a donc fallu que je trouve un autre moyen de conter les idées que j’avais en tête. Une fois dompté le clavier pour ne pas mettre deux minutes pour trouver les touches, le plaisir a été immédiat.

    Tu t’es donc spécialisé dans le genre « terreur, horreur » ?
    Oui, au début. Pour en avoir beaucoup lu, je connaissais les codes, donc trouver l’idée n’était pas forcément difficile. Je pouvais donc chercher mon style, la façon d’articuler le tout. De bien raconter la chose. Dur de marier les deux au début. Une bonne idée mal racontée, ou une belle plume déployant une idée banale, c’est dommage. Je me suis donc efforcé de m’améliorer, ce que je fais toujours, un texte après l’autre. Mais avec les années, une forme de lassitude commence à naître, j’ai donc expérimenté d’autres genres. Écrire permet aussi de se poser plus finement des questions d’ordre personnel. J’ai écris sur la religion, la vie après la mort, l’existence de Dieu. Le fait de devoir mettre des mots sur la moindre idée oblige à réfléchir jusqu’au bout à chaque concept. Et me pousse donc vers une vraie réflexion. Après cela, j’ai écrit un peu de science-fiction. C’est de cette manière que j’ai eu mon premier texte publié dans une revue (Science-fiction Magazine 38 – En regardant passer le train). Depuis quelques années, j’écris principalement des nouvelles ou des romans d’Heroic Fantasy. L’une d’elles a été publiée dans une anthologie chez Eons (Les Mangeurs des sables in Les enfants de Conan). Le tout espacé de courts récits en lien à des concours de nouvelles.

    Comment te viennent les idées ?
    Quand je réponds à un appel à textes, j’obéis à la demande. Je pars d’une base solide, soit des fondations simples, voire banales. Puis j’essaie de partir vers quelque chose qui ne viendra pas à l’esprit du lecteur. L’originalité ne vient donc jamais de la base, mais du sommet. Quand j’écris pour moi par contre, j’expérimente, je ne me donne pas de limite. Dans tous les cas, j’essaie de me faire plaisir, d’écrire quelque chose que je n’ai jamais lu. J’ai toujours une sorte de crainte qu’à un moment donné, les idées ne viennent plus. Que la source se tarisse. Je crois que c’est la crainte de toute personne qui écrit. Mais les idées viennent généralement de défis que je me donne. Suis-je capable d’émouvoir le lecteur, voire de lui tirer une larme ? Quand vous écrivez principalement des récits de terreur, c’est un réel défi que celui-là. C’est ainsi qu’est né par exemple Numéro 81. Je tente aussi des choses nouvelles, quand j’en ai l’occasion, au fil des rencontres. J’ai ainsi scénarisé le comics français Génération Héroes aux éditions Carnaval.

    Tu es donc toujours très occupé. Et en-dehors de l’écriture ?
    Je suis fan de comics. J’en lis depuis que je suis gosse. Je rédige d’ailleurs des chroniques sur le site Xbee.net. Et je regarde des séries TV. Un vrai geek quoi !Sourire

    Quelques mots pour finir ?
    J’ai hâte que sortent les futurs webzines de Mots et Légendes, hâte de savoir ce que les lecteurs vont penser des différents textes. Pour avoir déjà pu accéder à la maquette, je sais déjà que, comme d’habitude, la mise en page et les illustrations sont superbes. C’est un véritable plaisir de faire partie de cette aventure. J’espère donc être encore présent dans les publications qui vont suivre.

     

  • illustration de Jonathan HartertIllustrateur/Infographiste depuis 2001
    17/12/1977_Liège – Belgique
    http://cian.over-blog.net
    Passion : le jeu de rôle
    Inspirations : Claire Wendling, Benoît Springer, Olivier Ledroit, Hayao Miyazaki, Gustav Klimt, Gerald Bröm, John Howe… le fantastique en général.


    Quelles études as-tu suivies ?
    J’ai commencé par des études secondaires artistiques. Je dois cependant bien avouer qu’à cet âge, la branche artistique n’était pas vraiment un choix d’avenir mais plutôt de facilité. Comme beaucoup d’adolescents, j’avais l’école en sainte horreur. Mes bases en dessin me permirent de finir le cursus inférieur rapidement et sans devoir trop étudier.
    Ensuite, en grandissant, je me suis mis à imaginer mon avenir dans le domaine de l’illustration et de l’imaginaire. J’ai donc suivi des études d’illustration/bande dessinée à l’Institut Supérieur des Beaux Arts de St Luc à Liège en Belgique (où je réside). Là-bas, j’ai pu côtoyer un large éventail de talents et m’ouvrir à des styles différents. Contrairement à maintenant, l’ordinateur n’était pas encore reconnu comme outil pour les illustrateurs. Il restait la figure de proue des branches publicitaires et graphiques. Je n’ai donc eu aucune expérience dans ce domaine à cette époque.
    J’ai donc essentiellement une base artistique, un bon porte-mine, des couleurs à l’eau et surtout de l’imagination.

    illustration de Jonathan HartertTu utilises la peinture numérique pour tes illustrations. Quelle différence par rapport au traditionnel ?
    L’ordinateur m’apporte surtout un espace de liberté supplémentaire. Pour moi, il est fastidieux de sortir tous ses outils pour coloriser un travail. Préparer les aquarelles, prévoir un verre d’eau, un linge, nettoyer ses pinceaux. Évidemment, la technique « manuelle » apporte d’autres choses, d’autres sensations. Dans mon cas particulier, l’ordinateur à su se faire un outil agréable et ludique. Travailler sur l’ordinateur me permet de moins stresser : je peux laisser le travail en suspens pendant un moment et y revenir sans me soucier de retrouver le même mélange de couleur. Pas besoin d’attendre que la couleur sèche pour avoir sa bonne teinte. Pas de matériel à nettoyer. Ce sont des détails pratiques, mais non négligeables.
    Ensuite, dans la création même, l’ordinateur m’apporte une modularité supplémentaire. Le travail fini, l’on peut revenir sans avoir peur de tout rater. Cela donne l’occasion de peaufiner (parfois trop) ou de corriger des erreurs passées en douce. Ce type d’outil permet aussi de changer de tout au tout un travail fini et d’improviser certains effets : la lumière, les couleurs, les contrastes.
    Pour résumer clairement, je dirais que cela m’apporte liberté, souplesse et quiétude par rapport aux techniques traditionnelles.
     
    illustration de Jonathan HartertSur quel logiciel travailles-tu et depuis combien de temps ? Avantages et inconvénients ?
    Je travaille essentiellement sur Photoshop et ce depuis 5-6 ans. L’avantage vient surtout du fait que c’est un programme que je manie tous les jours au travail et donc que je connais bien. Il offre un large panel d’outils pour coloriser, mais surtout pour créer des matières, des fonds ou des textures à intégrer dans le dessin. L’on peut constamment mettre à jour les outils et échanger des tutoriaux avec d’autres artistes. C’est un programme assez ouvert et surtout très répandu.
    Dans une moindre mesure, j’utilise également Illustrator pour gérer le vectoriel. Logos, pictogrammes, lignes de fuites pour construire une perspective… cela peut servir.
    Les Inconvénients ? Je n’en vois pas. L’outil a les limites que l’on veut bien lui donner. Je pourrais dire que généralement, la colorisation par ordinateur manque d’âme, est froide, impersonnelle. Mais même si je n’arrive pas toujours à passer outre ses limites, un rapide coup d’œil sur la toile me fait voir ce que certains artistes sont capables de faire avec les mêmes logiciels… et cela ne manque absolument pas d’âme… loin de là. Je pense donc qu’il n’y a pas d’inconvénients… juste des défis à réaliser et à surmonter.

    Peux-tu nous expliquer ta méthodologie de création de A à Z ?
    Je commence toujours par un crayonné. Cela pourrait se faire via la palette graphique, mais j’aime le contact de la mine sur une feuille… et aussi garder une trace tangible, directe, non virtuelle. Le dessin prend pas mal de temps, retouches, corrections, recommencer… tout cela pour aboutir enfin à une base satisfaisante à coloriser. Je scanne le crayonné au pourcentage voulu suivant la taille de l’illustration finale. J’ouvre directement photoshop et met le scan en format colorimétrique RVB. Je le mets dans ce format pour pouvoir utiliser certains effets photoshop qui ne sont pas accessibles en CYMK. Je place mon calque avec le dessin que je renomme crayonné, en première place et mets celui-ci en mode produit. Ce mode, permet d’afficher seulement le tracé sans tenir compte du blanc de la feuille.
    illustration de Jonathan HartertÀ partir de ce moment, je commence la couleur. Je ne touche plus au calque avec le crayonné. Je crée un calque pour le fond (placé toujours en dessous du calque « crayonné ») et jette sommairement un fond coloré à l’aide de la palette graphique. J’utilise essentiellement l’outil aérographe, changeant la dureté et le flux au gré de l’effet voulu. Ce premier fond va servir de base d’ambiance pour voir assez vite l’atmosphère de l’illustration. Il est donc fait assez rapidement sans tenir compte des débordements et de l’harmonie des tracés. Le fond prend généralement forme en 3-4 teintes différentes. Ensuite, calque par calque, je mets en couleur les éléments qui composent l’illustration. Je commence toujours par le décor (quand il y en a), ensuite la peau, les vêtements, accessoires, cheveux, yeux et éclaircissements. Les jeux de lumières sont gardés pour la fin pour avoir la visualisation totale de l’impact que la lumière peut avoir sur tous les éléments.
    C’est généralement à la fin que je teste des « effets » photoshops. Calques en modes différents, ajout de bruit, flou, changer le tracé de couleur. L’expérimentation me permet de saisir parfois, des ambiances que je ne m’imaginais pas. C’est assez amusant de voir son illustration changer complètement d’ambiance en deux trois clics.
    Dans l’absolu, ce n’est pas très compliqué. Je n’utilise certainement pas le programme dans toute sa subtilité, mais cela viendra peut-être un jour.

    illustration de Jonathan HartertComment perfectionnes-tu tes compétences au jour le jour ?
    Je n’utiliserais pas le terme « perfectionner » mais plutôt apprendre. Je suis loin d’avoir toutes les bases nécessaires pour pouvoir illustrer tous les domaines qui m’intéressent. J’apprends donc à chaque travail comment dessiner telle partie du corps, tel élément que je n’ai jamais illustré, de quelle manière donner un effet plus « enlevé ». Je me sens encore l’âme d’un étudiant qui a encore tout à se prouver. Pour avancer, je dirais, qu’il faut simplement faire son maximum à chaque nouveau travail. Repousser ses limites et essayer de faire mieux que précédemment. Concrètement, je dirais que l’évolution, passe par l’observation. Regarder autour de soi, comprendre comment fonctionne le monde, de quelle manière réagit l’environnement aux phénomènes externes. Quel que puisse être l’univers représenté, cela doit rester crédible, l’on doit pouvoir se dire : oui cela pourrait exister.
    Pour trouver de nouvelles voies, il faut être ouvert et s’intéresser au travail d’autrui. Il y a nombre d’artistes extraordinaires, du plus connu au plus obscur qui ne montre jamais rien.
    Je pense être constamment influencé par ce que je vois. Sans faire attention, j’essaye tel effet, ou une telle façon de traiter un objet… échos de styles aperçus auparavant, appréciés et rangés dans un tiroir de mon esprit jusqu'à ce que l’occasion de l’essayer se présente.

    illustration de Jonathan HartertComment as-tu trouvé ces premiers « jobs » ?
    Mon premier job dans le domaine de l’illustration est la résultante de nombre d’envois à divers éditeurs. Suite à la pression de certains amis, qui m’ont poussé à faire connaître mon travail, j’ai fait un petit press-book que j’ai envoyé à divers éditeurs pour lesquels il m’intéressait de travailler. Sans nouvelles pendant un petit temps, l’un d’eux m’a répondu et cela a découlé sur une commande de 2 illustrations noir et blanc pour un supplément d’un jeu de rôles. Suite à cela, j’ai démarché dans plusieurs salons ludiques pour montrer mon travail. Un contact par ci, l’un par là, le bouche à oreille remuant tout cela. J’ai enchaîné avec une grosse série d’illustrations pour un projet qui malheureusement est toujours dans les cartons à cause de la faillite de l’éditeur.

    Sur quoi travailles-tu actuellement au niveau professionnel ?
    Je travaille sur une série d’illustration pour un jeu de cartes sur le net. Dans un style manga Kawaii. C’est assez prenant de travailler d’une façon différente et j’apprends à mettre en couleur par aplats plutôt qu’en modelés.

    illustration de Jonathan HartertQuels sont tes objectifs de carrière et tes envies pour le futur ?
    Continuer à m’améliorer pour essayer d’en vivre pleinement. Pour l’instant, l’illustration ne débouche que rarement sur des ouvertures professionnelles. Mon mi-temps en tant qu’infographiste me permettant une rentrée financière fixe, je ne travaille que sur ce qui me fait plaisir sans « vraiment » essayer de vivre de l’illustration. Si le futur pouvait néanmoins me permettre de le faire, j’en serais vraiment content.
    Le grand objectif, qui sert plus de carotte qu’autre chose, serait d’être enfin satisfait de mon travail. Pouvoir me dire sans gêne, que mon travail est de qualité et pouvoir m’ouvrir de nouveaux horizons.
    J’aimerais beaucoup travailler dans le domaine des jeux vidéo. J’aime la création d'univers, la recherche de personnages, d’objets, de créatures bizarres. Travailler en équipe doit être une expérience enrichissante. Voir la modélisation virtuelle de ses propres créations par une autre personne, subir les contraintes techniques et s’adapter. Travailler à plusieurs pour donner vie à un projet commun doit être grisant. Non pas que je n’apprécie pas de travailler seul, mais tenter l’expérience me plairait énormément.

     

    illustration de Jonathan Hartert